ACTE DEUXIÈME
M A il I ■ .
D'un bal masqué?
RICHELIEU
Sans doute, mademoiselle... il n'y a plus à vous en cacher... Après le bal de cette nuit, René vous a suivie, el vous a vue rentrer ici, c'est ce qui a tout découvert.
René? après ce bal"? Rentrer ici, moi! je n*ai pas vu lien»! depuis qu'il a quitté Orléans.
RICHELIEU
Ah! mademoiselle Marie, je ne vous reconnais plus là! Nous savons tout, vous dis-je, vos lettres, vos amours sous Le m tsque, depuis un an!...
Depuis un an!...
RICHELIEU
Votre rencontre cet te nuit à l'Opéra...
MARIE
A l'Opéra!
RICHELIEU
Sans doute... (a part.) Et jusqu'à votre rendez-vous de la nuit prochaine au Lai de l'Hôtel de ville!. .
M A RIE, tiè- émue.
0 mon Dieu, mais ce n'est pas moi, monseigneur. Je vous jure que ce n'est pas moi! — 0 Dieu!... au milieu de ma confiance, cette nouvelle! ô mon pauvre cœur!
RICHELIEU, a part
Déeide'ment la chanoinesse est un démon, (iiaut.) Mademoiselle, je vous ai affligé bien involontairement... On
m'aura abuse par un conte sans apparence...
MARIE
Oh! monseigneur, n'essayez pas de me, tromper... Soyez bon... soyez généreux... dites-moi tout!
RICHELIEU
Mais, ma pauvre enfant, je ne vous en ai que trop dit.
MARIE
Ainsi, depuis un au, René est amoureux d'une autre femme... Cette nuit il l'a suivie, il l'a vu entrer ici; mais puisque ce n'est pas moi... c'est donc... Oh ! cette idée est affreuse !
RICHELIEU
Dites-moi, mon enfant, avez-vous quelquefois parle' à madame la chanoinesse de votre amour pour monsieur René?
MARIE
A elle? — Oui, monseigneur.
le vous disait-elle?
MARIE
Elle me disait que nous étions bien jeunes tous deux, qu'il fallait attendre, espérer.
RICHELIEU
Oui, et elle ne vous a jamais laissé entrevoir pour quel intérêt particulier elle avait voulu se charger du soin de voire éducation ?
MARIE
Jamais, monseigneur. Oh! mais je devine tout à présent: voyez-vous, elle l'aimait, monseigneur! elle me retenait ici pour me faire oublier !
RICHELIEU, à part.
Oh! l'instinct de la femme!