LA CHANOINESSE, RICHELIEU
LA CHANOINESSE s'assied près de la table et montre un ?iège à Richelieu, qui le prend au fond, et s'assied près d'elle.
J'en suis encore, monseigneur, à apprendre le motif de la visite dont vous avez bien voulu m'honorer.
RICHELIEU, à part.
C'est bien la voix de ce matin. (Haut.) Mon Dieu, madame, rien de plus simple... j'ai coutume, quand je reçois une visite, de la rendre.
LA GHANOINESSE, troublée.
Je n^ comprends pas, monseigneur.
RICHELIEU
Oh! je vous demande bien pardon... (a part) Elle a peur... J'ai barres sur elle... Avançons!. . (Haut.) Voilà deux an-, madame, que j'ai l'honneur d'être votre serviteur et votre jouet.
LA GHANOINESSE.
Que voulez-vous dire, monseigneur?
J'entends, madame, que ma correspondante myste'rieuse depuis deux ans, ma visiteuse voile'e de ce matin et madame la chanoinesse de Reuilly me paraissent être fort parentes entre elles.
LA GHANOINESSE.
Monseigneur, vous seriez généreux de m'e'pargner la
souffrance de cet entretien.
RICHELIEU
Madame, vous m'avez donne le droit des reproches... Imposer pendant des anne'es à un homme de mon nom une tâche de Géronte, un office de chaperon, mettre sous ma garde ses jeunes amours, me charger d'un personnage de duègne, c'esi là une conduite qui pourrait me faire éclater justement en plaintes amères... Eh bien, non, je ne me plains pas... Je vous l'avoue, cette conduite même, toute perfide qu'elle est, m'a entrepris la line pointe du cœur... Je ne devrais songer qu'à la vengeance et je ne songe qu'à vous demander merci.
LA CHANOINES SE
Monsieur de Richelieu... (a part.) Que je souffre...
RICHELIEU, h part.
Oh! c'esl singulier , il me semble connaître cet le voix-là