‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 210 sur 285 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

u\ temps. Haut.) Quoi! madame, est-ce donc mon nom qui me nuit dans votre esprit? Mais, madame, les

hommes mnt pie vous les faites... Quand M. de Riche-

lieua I" bonheur de rencontrer une femme digne d'un attachement sérieux, il est comme un autre... plus que tout autre. . capable de le ressentir. Certes, je ne vous dirai pas que je n'ai jamais aime'... et, au fait, si, je puis vous le dire, je n'ai jamais aimé!

LA CHANOINESSE,, se levant et restant pn-s «le la table.

0 mon Dieu! Par pitié' pour toutes celles qu'il a trompées, monsieur de Richelieu devrait retenir de pareilles vérités!

RICHELIEU, à part, se levant, ayec terreur.

Par le ciel! cette femme est un de mes vieux péchés... C'est un horrible piège! S'il y a reconnaissance, je suis perdu! (Haut.) Madame, dès que je vous offense, dès que je vous afflige, mon devoir n'est pas douteux, et je suis assez galant homme pour le comprendre, malgré sa rigueur. (a part.) Gagnons pays.

Il se flirisre doucement vers la porte du fond qu'il ouvre. LA CHANOINESSE, pendant que Richelieu remonte.

Chassons cette faiblesse, et vengeons-nous un peu... Monseigneur...

RICHELIEU, au fond et prêt à sortir

Madame...

LA CHANOINESSE

Vous ne voulez pas, sans doute, me quitter si brusquement?

RICHELIEU

Quoi! daigneriez-vous me retenir, madame?

LA CHANOINESSE

Oui, monseigneur.

RICHELIEU, avec désespoir.

Elle daigne me retenir! (Neuf heures sonnent à La pen.lule.) Neuf

heures! l'heure où cette jeune fille doit inattendre! double catastrophe!

La CHANOINE S SE.

Si je vous ai bien compris, monseigneur, il y a peu d'instants von- me parliez d'amour?

RICHELIEU

Madame, j'ai commis en effet cette audacieuse imprudence... et je sens que je dois me soustraire par la fuite à la tentation de renouveler.

LA CHANOINESSE

Il me semble que ce n'est pas à vous de fixer la limite ou vos torts doivent s'arrêter... À moi seule appartient cette délicate appréciation, et il serait peu chevaleresque de m'en ravir le privilège.

Marie parait au fond, s'arrête un instant, et disparaît. RICHELIEU, à part.

Marie Haut.) Madame, en vérité, il faudrait avoir une âme de rocher pour ne pas ce'der à une aussi flatteuse insistance... Vous le voulez, je reste... je m'installe ici... (n s'assied à droite.) je n'en bouge plus... vous voulez que je continue de vous offenser par mon audace... je vais continuer... vous voulez que j'aggrave mes torts... je vais les aggraver singulièrement...

LA CHANOINESSE, riant.

Je vous tiens quitte pour la peur... Composons, monsieur le duc... Voulez-vous?

RICHELIEU, se levant.

Est-ce que je n^ veux pas tout ce que vous voulez?

Eh bien! monseigneur, si le hasard vous a livré quelque

M .ïi; TROISIÈME

I qui me concerne, promettez-moi de le garder. Rendez-moi au repos, à la dignité de ma vie.

RICHELIEU

Vous a\ <•/. ma promesse, madame.

Il va pour sortir.

LA CHÀNOINESSE, l'arrêtant.

I n moi encore, monseigneur... Puis-je espérer que ce jeune homme, cel enfanl ne souffrira pas de notre rencontre?

RICHELIEU

Ce jeun'' homme, qui n'est pas si enfanl que vous voulez

bien le dire... nous en ferons ce soir un col< I... Si je

pouvais le nommer maréchal de Fram

LA CHANOINES

Vous le feriez pour sortir d'ici?

RICHELIEU

Non, mais pour mettre sa condition au niveau de son bonheur...

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