SCENE III
OLIVARÈS. seul un moment: puis LE ROI.
OLIVARES.
Je les tiens maintenant, mes deux fiers ennemis : Albuquerque ! Mediana ! Oh : deux noms odieux ! deux noms qui troublent depuis assez de temps mon repos ! Tandis que cet enfant hautain prenait ici ma place dans la faveur du maître, l'autre, ce railleur impitoyable, envoyait jusque du fond d'un autre monde sa renommée insulter à la mienne. Mais je les perdrai tous deux, l'un par sa jalousie, Tautre par son amour insensé ; oui, aujourd'hui même si je puis ! Quand éclatera la tempête à laquelle je dois m'attendre, il faut que je sois seul maître de l'esprit du roi... Leur disgrâce ou la mienne!
Le roi entre.
LE KOI.
Olivarès, j'ai un conseil à vous demander.
OLIVARÈS
Sire...
LE ROI
Nous faisons, vous le savez, une comédie avec Mediana.
OLIVA RÈS
En effet, (a part.) Le roi parle toujours au pluriel. (Haut.)
Et le sujet est-il arrêté?