‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 25 sur 285 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE ROI

nui. duc. Ce sont les amours de François Ier avec madame d'Étampes.

OLIVARÈS

Sa Majesté' jouera François Ier ?

LE ROI

Oui.

OLIVARÈS

Et le duc d'Albuquerque ?

LE ROI

J'ai envie de lui proposer le rôle de M. d'Étampes. Croyez-vous qu'il acceptera ?

OLIVARES.

Nous tâcherons.

LE ROI

Au reste, ne pensez- vous pas que la duchesse aura saisi avec empressement l'occasion de cette lettre de la reine pour se sauver de sa prison ?

OLIVARES.

De sa prison ! Oh ! sire, le mot est dur pour M. d'Albuquerqùe.

LE ROI

En vérité, Olivarès, je suis peu dispose' à l'épargner. Depuis trois mois, cet homme fait manquer tous nos projets. Nous faisons un complot pour isoler la duchesse Sidonia, il l'épouse, et il enlève la nouvelle marie'e de la cour. Nous le rappelons en lui donnant un commandement, dans l'espérance qu'il ramènera sa femme avec lui ; pas du tout, il revient seul, et tout cela par instinct de contrariété, car il ne se doute de rien.

OLIVARES.

Sire, le duc n'en est peut-être encore qu'à ces vagues pressentiments qui pre'cèdent les catastrophes. Mais il a l'esprit trop judicieux pour négliger ces avertissements providentiels ; sans savoir d'où viendra le coup, il le flaire et se met en garde.

LE ROI

Eh bien ! nous verrons comment il va parer celui-ci. La duchesse, si elle obe'it, comme je n'en doute pas, à cet ordre de la reine, sera ici vers midi, tandis que, selon toute probabilité', )e cher duc ne reviendra que demain.

OLIVARES.

Oui, mais demain, ce sera à recommencer ; le piège où il aura été' pris le rendra plus de'fiant encore.

LE ROI

Mais, en vérité', ce n'est pas la peine, mon cher duc, d'être premier ministre, de s'appeler Olivarès, de passer pour le premier politique du monde, si tu ne trouves pas moyen d'éloigner, pour huit jours, un mari de sa femme.

OLIVARÈS

On pourrait susciter au duc quelques démêlés avec l'inquisition.

Songez, Olivarès, que je ne voudrais pas le jeter dans un péril sérieux.

OLIVARES.

Comment Votre Majesté peut-elle supposer?... le duc, un ami à moi !

LE ROI

Duc, est-ce que je n'entends pas?...

Il Ta à la fenêtre de côté.

.M TK DKIXIKMJ: 39

0L1 VARLS.

Eja effet, sire, un carrosse entre àaas La oour du palais.

LE ROI

Aux armes du duc.

Oh! l'excellente vue qu'a Votre Majesté !

LE ROI

C'est elle, enfin!... après trois mois d'ennuis mortels... Allez, laissez-moi, Olivarès.

OLIVARÈS

Sire, il me restait cependant quelque chose d'important

à vous dire.

LE ROI

Plus tard, plus tard ; allez, allez. Non pas par là. Montrant i" fond.) Vous pourriez la rencontrer, et vous savez qu'elle est facile à effaroucher. Par ici.

Montrant la porte latérale. — Olivarès sort.

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