‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 240 sur 285 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

RICHELIEU, sut le perron, RENÉ, CHATRAI

RICHELIEU, grave.

Monsieur Château? Souffrez, monsieur, que je trouve singulier la visite furtive dont vous m'honorez 1

Il descend l'escalier, prend le milieu du théâtre, le* laquais restent sur les marches, Remy descend et veste au tond.

CHATEAU

Daignez m'excuser, monsieur le maréchal...

RICHELIEU

Je désire être chez moi, monsieur, quand il me plaît.

CHATEAU, il remonte pour sortir à gauche.

Je me relire, monseigneur... Gourons les avertir...

RENE, lemonte et arrête Château du geste.

Au nom du ciel, monseigneur, retenez-le... il me parlait, de deux personnes, de deux femmes, qui attendent là, dehors... Ne permettez pas qu'il aille leur jeter l'effroi, le désespoir dans l'âme...

RI Cil ELI EU.

Des femmes? je comprends... (Aux quatre laquai-.) Descendez VOUS autres, et placez-VOUS là. (il les met au fond du théâtre.

a lumy.; Va. Rémy, ferme la grille, ne laisse entrer personne sous aucun prétexte, ou je te chasse. (Rémy s'éloigne à gauche.) Quant à vous, monsieur Château, vous allez nous servir de témoin...

CHATEAU

Moi, qui [avais juré d'empêcher ce duel! Non, monseigneur, ne l'exigez pas, je n'aurais pas le courage.

M .ïk CINQUIÈME

H I CHELIEU, aux \ il irez-HOUs! (.es valets descendent «le quelque» pu.) Mieux on y verra et plu^ ce sera vite fini!

CB \TF.AU.

Vite fini!

RICHELIEU, regardant gaache.

Ali! voilà la grille fermée; nous sommes sûrs maintenant de n'être pas dérangés... Quand l<i roi lui-même frapperait à ma porte, il attendrait, pardieu, que la chose fût faite... Monsieur René, ôtez votre habit, s'il vous l'ai coutume de garder le mien, n - met en place, ôte «on char peau -i i.' jette a terre.) 1 . t i l'honneur de vans saluer, monsieur.

i; E N 6, L'imitant.

.M inseigneur, j<j vous remercie de la laveur que vous m»- faites.

< : n ,v T EAU, h pa 1 1 .

Il le remercia !

RICHELIEU, < René.

Êtes-VQUS prêt, monsieur?

Je suis prêt, monseigneur.

CHATEAU, an milieu, s'approehant 'le Mené.

Monsieur René, c'est votre bienfaiteur.

RICHELIEU

Silence, monsieur Château; vous ignorez même Je quoi il s'agit... c'est moi qui suis l'offensé.

CHATEAU

Monseigneur, c'est un enfant!

RICHELIEU

Quand on reconnaît un bienfait par un outrageant démenti, on n'est plus un enfant, un est un homme, car on est un ingrati

Promettez-moi donc, monseigneur, que vous allez me traiter en homme1 !

RICHELIEU

Monsieur, je ne touche pas une épée pour lui faire affront; ne craignez pas d'injurieux ménagements; vous êtes à cette heure mon ennemi, votre vie ne m'est plus rien, mais votre honneur m'est toujours sacré... soyez tranquille.

Il E N É .

Merci encore une fois, monseigneur; frappez-moi au cœur si vous le pouvez, mais pas au visage !

RICHELIEU

A vos souhaits, monsieur, (a part.) 11 avait de l'âme cet enfant.

Il =alue .le l'épée.

RENÉ, à part

0 chère épée que je tiens d'elle!... défends-la bien!

Il* se mettent en sarde.

RICHELIEU, pendant qu'il- se battent.

Vous vous engagez fort; c'est égal vous jouez agréablement... il faut dire aussi que vous avez là une jolie brette... La eoquille est ciselée à l'italienne, ce me semble?

RENÉ

Vous tenez mal votre promesse, monseigneur, vous me ménagez!

RICHELIEU

Du tout, et la preuve... Ma lui! vous en teniez, mais le pied m'a glissé!... Ah! voilà qui devient sérieux... Ah cà, mais... mais e'clairez donc. (Les laquais font un pas.) Quelle étrange épée a-L-il là'?... il y a un chiffre, une devise... quoi?... Parle ciel, arrêtez, monsieur!

M ÏT. CINQUIÈME 331

Défendez-^ ous, monsieur le duc !

Il redo il)!.- d'efforts.

l! I en E Ll E '.', avec une énergie croissante.

Où avez-vous pris cette épée?... Assez, assez, vous disje ! montrez-moi votre épée! arrêtez!

.Non !... non !...

RICHELIEU

Je vous l'ordonne!... je vous en prit; ! Ah ! vous ne voulez pas ni" l.i montrer! Eli bien, (ri le désafme. René haletant el pojiUm demeure immobile ) Château, donnc/.-moi cette épée.

ClrUoau la donne a Richelieu.

RICHELIEU, examinant l 'épée arec émotion.

Je ne me trompais pas!... mon chiffre!... Celte devise italienne! Monsieur René, où avez-vous acheté cette épée'?

Celte aime n'est point achetée, monseigneur... Après m'en être si mal servi, je rougis d'avouer que c'est, un présenl de ma mère.

RICHELIEU

De votre mère? [\ part.) De sa mère! .. c'était sa mère.

Ne pouvant me donner le nom de mon père, elle m'avait an moins confié son épée. ! wee amertume.] Hélas! c'étail encore plus que je n'en pouvais porter.

Il cache -a tête flâna ses main-.

RICHELIEU, le regardant arec intérêt.

Pauvre enfant! il croil que c'esl lui qui esl vaincu!...

338 LA VT E I LL E S - E 1 1 E EU CH E Lï E U

Haut.; Monsieur Château, courez: allez Lous , qu'on lui ouvre!... dites à ces dames que je les prie de venir à L'instant.

c h àteà u.

J'y vais, monseigneur.

Il sort par la gauche précédé 'le deux laquais.

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