SCÈNE V
LE ROI, LE DUC, entrant vivement par le fond; LA DUCHESSE. LE ROI.
Le duc !
LE DUC
Sire, pardon. Madame la duchesso...
LE ROI, embarrassé et dépité.
Mon cher duc, je remerciais la duchesse d'avoir bien voulu se rendre au désir de la reine en revenant à la cour. Elle me demandait de vos nouvelles, et je lui disais que vous passiez la revue de mes gardes à Alcala. Je croyais que cette revue ne faisait que commencer, duc ?
LE DUC
Sire, sur la demande de messieurs vos gardes, je les avais convoqués pour six heures du matin, afin de leur épargnerla grande chaleur du midi.
LE ROI
Mais cela ne m'explique pas, duc, comment vous revenez avec eux, à moins que ce ne soit pour conque'rir ma capitale.
LE DUC
Sire, tout au contraire ; c'est pour vous rendre une province qui menace de vous e'ehapper.
LE ROI
Vous voulez parler du Portugal ?
LE DUC
Oui, sire. Au milieu de la revue est arrive'e la nouvelle, vraie ou fausse, de l'insurrection. Alors les troupes ont fait e'clater un tel enthousiasme, elles ont demande' à marcher avec de telles instances, que j'ai cru être agre'ahle au roi en lui donnant le spectacle de cet unanime de'vouement.
LE ROI, avec ennui.
Si bien que les voilà, et vous voilà avec elles.
LE DUC
Oui, sire.
C'est bien ; merci, duc. Allez dire à mes gardes que leur dévouement me touche.
LE DUC
Oh ! sire, vous ne pouvez vous dispenser de vous montrer. Ils ont fait trois lieues en plein soleil pour voir l'auguste visage de Votre Majesté', et j'ai ose' promettre...
LE ROI
Duc !
LE DUC
Oh ! je le Savais bien, (il ouvre la porte vitrée fie la terrasse extérieure.) Messieurs les gardes, voici le roi.