‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 48 sur 285 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

DON RIUBOS, LE DUC, s 'asseyant a la table de droite conme s'il ne voyait pas don Kiubos qui dispose ses alguazils à toutes le3 issues du fond.

RIUBOS, aux alguazils.

Tenez-vous là. Monsieur le duc...

LE DUC

Ah ! c'est vous, don Riubos. Enchante' de vous voir.

RIUBOS.

Monsieur le duc, j'eusse de'siré que cette rencontre eût lieu dans une plus heureuse occasion, car...

LE DUC

Je vois avec grand plaisir que vous êtes tout à fait remis de votre blessure, capitaine, et que vous avez pu reprendre votre honorable service.

RIUBOS.

Monsieur le duc, je suis extrêmement sensible à l'amitié' que vous me te'moignez, mais...

LE DUC

Vous a-t-on dit au moins que j'avais fait chaque jour demander de vos nouvelles?

RIUBOS.

Oui, monsieur le duc; j'ai été on ne peut plus touché de cette courtoisie, et c'est avec une ve'ritable affliction...

LE DUC, avec un intérêt goguenard.

Affligé ! Vous êtes afflige, capitaine ? et de quoi ?

RIUBOS.

De l'obligation où je suis de vous demander votre e'pe'e.

LE DUC

Mais il me semble que je vous l'ai déjà donnée, don Riubos ; il est vrai que c'était au travers du corps. Est-ce toujours de la même façon que vous désirez?...

RIUBOS.

Monsieur le duc, ne plaisantons pas. L'ordre est formel.

LE DUC

Puis-je le voir?

Le voici.

LE DUC

De qui vient-il?

RIUBOS.

Du saint-office.

LE DUC

Le nom n'y est pas.

RIUBOS.

Votre Excellence doit savoir que c'est l'usage.

LE DUC

C'est vrai.

RIUBOS.

Duc, j'attends que vous me fassiez l'honneur de me rendre votre épée.

Page 1