‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 50 sur 285 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

,e comte-duc.

LE DUC

Bien ; le roi le sait-il ?

RIUBOS.

J'ai tout lieu de croire que oui.

LE DUC

Je vous charge d'obtenir un contre-ordre du grand inquisiteur. Quant au blanc-seing, vous le garderez pour mon service.

RIUBOS.

C'est impossible, monseigneur, ce que vous me demandez là !

LE DUC

Pre'fe'rez-vous être pendu, don Riubos? A votre guise !

RIUBOS.

Peste, mon ge'ne'ral ! voilà que je me reconnais ! En ve'rite', cette brusque franchise de soldat me pe'nètre, et je suis tout à vous. Je vais vous le prouver. Votre Excellence ignore sans doute que le roi...

LE DUC

Aime ma femme. Je le savais avant mon mariage. Et

C'est pour Cela que je l'ai épOUSee. (Riubos salue respectueusement le duc, comme s'il trouvait son maître en industrie ; le duc lui rend son salut.)

L'aime-t-il beaucoup ?

RIUBOS.

Autant que le comte-duc vous de'teste.

Diable! c'est donc une ve'rilable passion? Il va sans dire, don Riubos, que vous me rendrez compte un à un des projets que formeront contre moi ou contre mon bien ces deux beaux sentiments-là.

RIUBOS.

Si vous le désirez absolument.

LE DUC

Je le désire. Passons à autre chose. Hier soir, capitaine, entre huit et neuf heures, en rêvant au milieu des jardins de Leurs Majestés, vous avez ramassé un nœud couleur de feu. Vous l'avez sans doute remis au premier ministre ?

RIUBOS.

C'est possible.

LE DUC

Lequel l'aura remis au roi ?

RIUBOS.

C'est probable.

LE DUC

Et vous avez dit au premier minisire à qui appartenait ce ruban ?

RIUBOS.

Non ; mais je lui ai avoué que j'avais des soupçons ; le roi est instruit de la chose ; sa curiosité est éveillée, et comme, selon toute probabilité, la personne à qui appartiennent les rubans feu, ignorant qu'elle est épiée, ira ce soir au rendez-vous...

LE DUC

Capitaine, avec le blanc-seing dont vous êtes porteur, ce soir, à neuf heures, vous arrêterez monsieur de Mediana, et vous le tiendrez deux heures prisonnier.

RIUBOS.

Oui, monsieur le duc. Doit-il savoir qui le fait arrêter ?

LE DUC

Je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous lui disiez que c'est moi. Capitaine, d'après nos conventions, vous

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