SCENE X
MEDIANA, entrant par le fond, LE DUC. MEDIANA, très animé.
Ah! c'est vous, monsieur. Je craignais de ne pas vous
trouver ici.
LE DUC
Était-ce moi que vous y cherchiez, mon cher comte?
MEDIANA»
Qu'importe qui j'y cherchais, puisque c'est vous que j'y rencontre! Duc, il y a longtemps que votre prétendue protection me pèse, que votre feinte amitié m'humilie. Je suis aise qu'elle ait enfin déposé le masque et laissé voir votre véritable visage. Duc, je vous remercie, enfin, de l'affront que vous venez de me faire; car il efface entre nous toute différence d'âge et de rang. Oui, nous sommes égaux maintenant. Monsieur le duc, vous m'avez insulté.
LE DUC, avec douceur.
Mediana, n'avez-vous point quelque pudeur de reconnaître ainsi l'amitié d'un galant homme ?
MEDIANA
Votre amitié! Vous l'ai-je jamais demandée, monsieur? Non, vous me l'avez imposée; vous m'en avez fait subir publiquement les hauteurs; votre amitié! c'est de la tyran, nie, car, de mon côté, et avant que vous m'eussiez trahi, je ne sais quelle folle affection m'attirait vers vous. Votre