ACTE QUATRIÈME Mi
amitié! si vous teniez à ce que j'y crusse encore, il fallait mieux recommander le secret à vos alguazils, et leur ordonnner de ne pas me dire que mon arrestation venait de vous.
Et si je de'sirais que vous en fussiez instruit, au contraire?
MEDIANA
Si vous désiriez que j'en fusse instruit?
LE DUC
Oui.
MEDIANA
Et pourquoi cela?
LE DUC
Pour que vous fussiez convaincu que, venant de moi, cette arrestation pouvait être une contrariété, mais non un malheur.
MEDIANA
Je ne suis pas venu ici pour e'couter des énigmes; je suis venu, duc...
LE DUC, avec amitié.
Prenez garde, Mediana, vous n'êtes pas de sang-froid.
MEDIANA
Raillez-vous, duc?
LE DUC
Non pas. Je vous dis, Mediana, que la colère est mauvaise conseillère, et que vous avez tort, pour un rendezvous manqué...
MEDIANA
C'est bien, monsieur, assez. Vous plairait-il de m'accompagner hors de la ville?
LE DUC
A cette heure?
MEDIANA
Pourquoi non?
LE DUC
Vous êtes un enfant, Mediana.
MEDIANA
Monsieur, cet enfant porte au côté l'épée de son père et vous demande la faveur de la mesurer avec la vôtre.
LE DUC
Vous n'y pensez pas, Mediana ; dans le palais du roi!
MEDIANA
Comment cette raison, qui ne vous a pas arrêté pour le capitaine Riubos, vous arrête-t-elle vis-à-vis de moi? et comment avez-vous accordé à un chef de sbires la faveur que vous me refusez?
LE DUC, vivement.
Parce qu'il m'était égal de me battre avec Riubos...
MEDIANA
Tandis que...
LE DUC
Tandis que, pour rien au monde, je ne veux me battre avec vous!
MEDIANA
Vous refusez de me faire satisfaction?
LE DUC
Oui, je refuse. Pensez et dites tout ce qu'il vous plaira;
je ne me battrai point.
MEDIANA
Tout Madrid saura demain que vous êtes un lâche.