SCENE YI
M EDI A N A , 0 L I V A R È S, I) ' A L R U Q U E R Q L' E, eu debon
LE DUC
M. --sieurs, je vous serais infiniment oblige' de ne pas me toucher.
MEDIA N A
C'est la voix du duc.
OLIVABÈS.
En effet, je crois qu'on nous l'amène.
LE DUC, au fon.1
Monsieur le garde, présentez, je vous prie, mes compliments au capitaine Riubos ; dites -lui que je crains de l'avoir provoqué un peu à la légère, et que, s'il ne meurt pas de sa Mesure, je lui ferai re'paration de cette légèreté en quelque lieu plus propice. Maintenant, vous avez ma parole, je ne quitterai pas cette chambre. Allez. (Entrant.) Ah! bonjour, Mediana. (D'an ton moins amical.) Ronjour, comteduc. C'est vous qui m'avez fait arrêter, je présume ?
OLIVABÈS.
Par ordre de la reine, monsieur.
LE DUC
Et combien de temps dois-je garder les arrêts dans cette salle ?
lu ÉCHEC ET MAT
OLIVARES.
Jusqu'au retour du roi.
LE DUC
Lequel reviendra de la chasse...?
OLIVARÈS
Selon son habitude, vers deux heures.
LE DUC, /asseyant à gauche.
Merci, Excellence.
OLIVARES, «'approchant de lui.
Monsieur le duc, voulez-vous me permettre de nrétonner, tout haut et devant vous, d'une chose dont je m'étonnais tout bas en votre absence ? c'est qu'un homme de votre mérite militaire se croie obligé de tirer à tous moments l'épée pour de minces propos.
LE DUC
Et moi, je m'étonne d'une chose, monsieur, c'est que vous n'avez pas remarqué que je ne me bats jamais sans »Hre réduit k cette extrémité par de sérieuses provocations.
11 se lève.
OLIVARÈS
Oh ! duc, vous oubliez votre duel avec le comte Da Sylva.
LE DUC
Je vois que Votre Excellence n'en connaît point l'histoire. Monsieur D:t Sylva m'avait traité de la façon la plus outrageante : il le reconnaissait lui-même, puisque nous étions convenus de nous battre chaque année au printemps.
OLIVARÈS
Voici une étrange convention !
LE DUC
Voua le voyez bien; tout semble étrange à qui ne connaît pas les causes. La querelle était venue à propos d'un arbre