‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 8 sur 285 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

qui avail poussé dans le jardin du comte, à une grande hauteur, et cela, juste devant mes fenêtres. 1/ hiver, cela pouvait encore se tole'rer ; mais, dès que l'arbre avait des feuilles, la chose, en vérité, devenait insupportable. Je le priai de mettre bas son arbre , et, comme il s'y refusa, nous convînmes de nous battre tous les ans au printemps, quand cet arbre reprendrait des feuilles. Tout le monde eût agi de même.

OLIVARES.

Allons ! la raison est suffisante, et je ne doute pas que vous n'en ayez d'aussi parfaite pour expliquer toutes vos rencontres et même cette dernière affaire avec le capitaine Riubos.

LE DUC

Monsieur, je hais naturellement votre capitaine Riubos, et, s'il m'en croyait, il quitterait l'Espagne. Mais à part le sentiment instinctif qui me pousse à de'truire ce cavalier, j'avais tout à l'heure une excellente raison de me faire ce plaisir.

OLIVARÈS

Ne vous étonnez pas de toutes mes questions, monsieur le duc; je veux faire ressortir dans tout son e'clat votre innocence aux yeux du roi Philippe IV. Quelle e'tait cette raison !

En ve'rite', Excellence, on abuse de ce que j'arrive des Indes pour me prêter des ridicules. Don Riubos s'est permis de me féliciter sur mon prochain mariage.

OLIVARÈS

Ah! oui, avec dona Sidouia.

le duc.

Vous aussi, Excellence, vous voulez me marier avec cette jeune fille !

OLIVARES.

Cette jeune fille est un des plus grands noms d'Espagne, et une des plus grandes beaute's de la cour.

LE DUC

Monsieur, fùt-elle belle comme Venus et noble comme la reine de Saba, cela ne changerait rien, je vous prie de le croire, à mes intentions. Le mariage est un tribut que les sols payent au\ gens d'esprit ; il faut les laisser faire. — Mais voyons, Mediana, beau rêveur qui ne dites rien...

MEDIAN A, sortant de sa rêverie.

Plaît-il?

LE DUC

Pardon si j'ai fait fuir la muse. Vous connaissez cette jeune fille?

Laquelle ?

Mais cette jeune tille qu'on me fait épouser.

Doiïa Sklonia?

Bon, lui aussi !

LE DUC

OLIVARES.

Duc. si vous voulez faire taire ce bruit, je crains bien que vous ne soyez forcé de jeter le gant à toute la cour.

LE DUC

Messieurs, tout ce que je puis dire, c'est que je ne l'ai jamais vue.

OLIVARÈS

Et ce bouquel qui est tombé à vos pieds le jour de votre rentrée à Madrid, au moment où vous passiez sous ses fenêtres, et que vous avez si galamment ramassé ?

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