ACTE PREMIER
repousse... Ma vie est donc demeure'e oisive... vous vous en êtes empare pour vos desseins ; c'était votre droit... un jour, vous m'avez mis une e'pe'e à la main... et vous m'avez dit : «Ferme les yeux, et frappe...» Je vous ai obéi!... Mais j'étais jeune, vous ne m'aviez pas transmis d'ailleurs votre indomptable fermeté d'âme... Bref, ce souvenir me troublait... il fallut me distraire : je me grisai... je ne voulais qu'assoupir ma conscience... un matin, je la trouvai noyée... Depuis ce temps, que voulez-vous?... je vis... non comme un homme... car je n'ai des hommes, ni les peines, ni les joies, ni les craintes, ni les espe'rances... je vis comme une ombre condamnée à errer sur vos pas, une ombre vide, en effet, de tout sentiment humain... et cela est heureux pour elle, peut-être... je ne m'en plains pas... mais, de grâce, monsieur, ne vous en plaignez pas non plus.