SCENE VII
LA comtess;e, le comte.
LE COMTE
Eh bien! madame, il parait que Lisette n'a pas re'ussi dan- son ambassade, et quil faut que je vienne moi-même vous arracher de ce lieu de délices où il semble que votre cœur ait pris racine.
LA COMTESSE
Mais je croyais, comte, que nous avions fait une gageure tous deux, et il serait loyal, à mon avis, de me laisser tout le loisir nécessaire pour la gagner ou pour la perdre.
Eh! madame, vous avez gagné... c'est une affaire décidée... et je vous dispense fort de gagner davantage!
LA COMTESSE
Comment! tout de bon! de la jalousie!... Ah! quelle injustice... et comme vous allez rougir quand vous saurez la surprise que je vous ménage !
TROISIÈME TABLEAU 1 i "J
LE COMTE, Inquiet.
Une surprise... à moiî
LA COM1 ESSE
Oui, comte, une surprise qui ne vous sera pas de'sa-
gréable, j'espère, (louant de rérentai] et minaudant) NOUS ne
devions nous marier que dans huit jours: vou> aviez La bonté' de vous en plaindre: vous craigniez de mourir d'impatience avant l'expiration de ce uVlai... Eh bien!...
LE COMTE
Eh bien?
LA COMTESSE, arec pudeur.
Eh bien! en rentrant au château, vous trouverez tout pre'paré... Ce soir, vous serez mon époux!
LE CUITE, tombant atterré sur un fauteuil.
Miséricorde!
LA COMTESSE, s empressant près «le lui.
Ah! comte, quelle douceur pour moi dans l'excès du ravissement qui vous transporte!
LE COMTE, balbutiant.
Oui, madame, il est certain que le ravissement, L'émotion, la joie...
LA i . 0 M I E S S E.
Cher comte! Vous êtes heureux... bien heureux, n'est-ce
pas?
Elle rit.
LE COMTE, e levant brusquement.
Comtesse ! Lisette m'a trahi , avouez-le !
LA COMTESSE
]" l'avoue.
LE COMTE
Ah! cousine, où me cacher?