SCENE IX HENRI, MARGELLE
MARCELLE, allant à son mari, lui prenant les mains et lui présentant son front, tendrement.
Bonjour, toi !
HENRI, l'embrassant.
Ma chérie !
Tu m'aimais ce soir?
HENRI
Toujours!
MARCELLE
Mais ce soir en particulier?
iv 10
no UN ROMAN PARISIEN
HENRI, souriant affectueusement.
Ah! tu veux des compliments? Eh bien, ce soir en parculier, je ne t'aimais pas seulement, je t'admirais?
MARCELLE, lui prenant la main et lo faisant asseoir près <l*elle sur le <livan.
Dis-moi cela.
U E X Et I .
Oui, je t'admirais... nageant dans ton élément, au milieu de cet éclat de fête, de toute cette élégance mondaine que tu aimes et qui te sied, déployant toutes tes grâces et tous tes mérites, charmant tes hôtes et charmée toi-même, dansant comme une fée, chantant comme un oiseau, heureuse, fière et triomphante comme une jeune reine... je t'admirais et je t'adorais!
MARCELLE
Bien doux à entendre !
HENRI, à genoux.
Tues si bien dans ce milieu, dans ce cadre brillant... tu portes si bien ton luxe, tes toilettes, tes dentelles, tes diamants, que vraiment, ma chérie, vraiment, je ne te comprends pas pauvre.
MARCELLE, souriant.
Ni moi non plus!... et pourtant, hélas!... je l'étais, pauvre... sans toi!...
HENRI
Mais pas du tout... tu n'as fait que continuer chez moi la vie que tu élais habituée à mener dans ta famille.
MARCELLE
Oui, parce que ma tante était excellente et me gâtait... mais, une fois hors de la maison, une fois mariée, je devais être pauvre... il a fallu un homme bon et généreux comme toi, un cœur délicat comme le tien pour me choisir malgré