‹ Theatre complet. --Chapitre 133 sur 318 · II E N R I · texte numérisé non relu

II E N R I

Madame d'Ambleuse ?...

MARCELLE, avec étonnninent.

La mère de madame Chevrial?

MADAME DE TARi.V.

Oui... Eh Lien, M. de Fervièrès, à tort ou à raison regardait comme sa fille mademoiselle d'Ambleuse, aujourd'hui madame Chevrial... Quand il mourut, il y a une dizaine d'années, n'ayant pas de proches parents, il de'sira laisser sa fortune. — considérable alors — à mademoiselle d'Ambleuse. Mais le mari de madame d'Ambleuse

vivait encore à cette époque, et il e'tait impossible, tant qu'il vivait, de faire une telle libe'ralite' à sa fille légale sans lui ouvrir les yeux sur la honte de sa femme et sur la sienne. Pour re'aliser ses intentions en faveur de la jeune fille, M. de Fervières était donc force' d'en assurer Fexécution jusqu'au moment où M. d'Ambleuse ne serait plus. La loi française ne permettant pas ce qu'on appelle le lldéicommis, M. de Fervières, pour arriver à ses lins, laissa sa fortune à ton père.

HENRI

A mon père?

MADAME DE TARGY.

M. de Fervières avait en lui une confiance absolue — et ton père la me'ritait... (D'une voix plus basse.) dans ce temps-là.

HENRI

Dans ce temps-là!...

MADAME DE TARGY, après une pause douloureuse.

Ainsi ton père avait reçu cet héritage, montant à près de trois millions... sous la condition verbale, mais sacre'e, qu'il le transmettrait à la fille de madame d'Ambleuse après la mort du mari... Je ne savais rien de tout cela... Il y a quatre ans, M. d'Ambleuse, très malade depuis longtemps, mourut à Nice. Dès ce moment, la santé' de ton père s'altéra profonde'ment... jusqu'au jour où il fut frappe' de cette attaque à laquelle il devait succomber... Ce fut alors seulement... dans les dernières heures de sa vie, qu'il me confia le secret qui le tuait... Commences-tu à comprendre, mon pauvre enfant?

HENRI, aeoaMr.

Est-ce possible? Il avait dissipe la fortune dont il était dépositaire... mon père?

MADAME DE TARGY.

Oh! ne juge pas... ne condamne pas trop sévèrement

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