‹ Theatre complet. --Chapitre 150 sur 318 · ACTE DEUXIEME 20-i · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME 20-i

HENRI se lève.

Dans ces derniers temps, j'ai eu le malheur de me livrer à des spéculations de bourse... j'ai joue'...

CHEVRIAL.

Et vous avez perdu?

HENRI

J'ai perdu...

Naturellement !

HENRI

Mais ce qui me reste suffit, Dieu merci, à vous restituer ce que je vous dois... Je vous apporte, monsieur, dans ce portefeuille, le compte exacte de ma fortune actuelle, y compris la dot de ma mère et celle de ma femme... Vous verrez que, d'après une e'valuation mode're'e, une fois la liquidation faite, je serai complètement quitte envers vous.

CHEVRIAL, à son bureau.

Eh bien, mon cher monsieur, j'examinerai cela... Mais voyons... sans vouloir entrer dans les de'tails de cette étrange histoire, puisque vous le jugez inutile, permettezmoi une question : asseyez-vous, je vous prie. A quelle époque au juste est mort le donateur, le comte de Fervières ?

HENRI, assis sur une chaise à droite du bureau.

Il y a huit ans.

CHEVRIAL.

Et la succession s'élevait, m'avez-vous dit, à deux millions sept cent mille francs?

HENRI

Oui, monsieur.

CHEVRIAL.

Et vous me rendez aujourd'hui en tout?

iv 12

HENRI, étonné.

Je vous rends deux millions sept cent mille francs.

CHEVRIAL.

Eh bien!... et les intérêts?

HENRI

Monsieur, les inte'rêts e'taient attribue's à mon père en sa qualité' d'exécuteur testamentaire. Vous en trouverez la preuve dans ce portefeuille.

CHEVRIAL.

Ah!

HENRI se lève.

D'ailleurs, je vous donne tout ce que j'ai... Je ne puis faire davantage!

CHEVRIAL e lève.

C'était l'homme d'affaires qui parlait... mais soyez sûr que l'homme du monde approuve la correction de votre procède !

HENRI, après s'être légèrement incliné.

Maintenant, monsieur, j'ai cru devoir m'adresser à vous d'abord... Mais puis-je vous faire observer que je ne croirai pas avoir accompli pleinement ma mission, tant que madame la baronne Chevrial n'en sera pas instruite...

CHEVRIAL, avec un peu d'indécision et descendant à l'avant-scène.

Vous voulez qu'elle le soit immédiatement... en votre présence?... Soit! (n sonne, Ambroise parait.) Allez dire à madame que je lui serais très reconnaissant si elle voulait bien entrer chez moi deux minutes. (Ambroise sort par le fond.

A Henri qui descende l'avant-scène.) NOUS SOUimeS Hiarie's SOUS le

re'gime de la communauté'; par conséquent, ce qui e'choit à l'un, e'choit à l'autre. Mais, enfin, je conçois votre scrupule... Cependant, en y réfléchissant, il y a dans cette histoire, en ce qui touche ma femme, des points un peu déli-

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