BUG 0 N N E I
Oh! ces misérables femmes du monde, hein?
SOPHIE
Pas beaucoup comme celle-là !
IIUGON.NET.
Et le lendemain, tu ne Tas pas revue ?
SOPHIE
Le lendemain, je partis dès le matin comme une folle... sans mAme savoir son nom... j'avais eu des attaques de nerfs toute la nuit... et puis je ne voulais pas la revoir... Si j'avais paru rechercher l'ombre d'une relation avec elle, je lui aurais fait payer trop cher sa générosité...
HUGONNET, lui touchant la main.
Tu as du bon !
Oui, mon ami, mais ne me tutoyez pas... Ce n'est pas pour moi... Mais j'ai peur que ça ne contrarie Ghamillac! Et puis ça ferait croire aux imbéciles des choses qui ne sont pas.
HUGONNET
Tiens! c'est juste! Pardon! Et qu'est-ce que tu vas faire, maintenant que tu Tas retrouva- ?
SOPHIE
Mais fais donc attention... Tu me tutoies encore?
338 CHAMILLAC
Ii U G 0 N NET.
C'est, ma foi, vrai! Pardon!... Eh bien, qu'est-ce que vous allez faire maintenant que vous l'avez retrouve'e, cette petite femme?...
SOPHIE
Dame!... qu'est-ce que tu me conseilles, toi... Comment dis-tu qu'elle s'appelle déjà ?
HUGONNET
Mais c'esl vous qui me tutoyez, maintenant, Sophie, vous
savez?...
s o P II i e ,
Ah! pardon!
HUGONNET
Pas d'offense!... Eh bien, elle s'appelle de son nom de veuve, madame de Tryas. Elle s'appellera dans un mois madame Robert d'Illiers. Elle est à Paris, chez sa tante ; son père est le ge'ne'ral La Bartherie, actuellement en inspection je ne sais où... enfin, elle a un frère sorti de Saint- Cyr, et sous-lieutenant de dragons, en garnison à Paris pour le moment. Voilà tout ce que j'en sais. (On entend sonner.) Tiens! la voilà justement! c'est l'heure de sa se'ance... vous allez pouvoir la remercier tout à votre aise...
Je n'ose pas.
Pourquoi ?
HUGONNET
SOPHIE
Je n'ose pas!... Je vais me sauver par votre petit escalier! (Elle montre la porte de service.) VOUS permettez?
HUGONNET
Comme vous voudrez!...