ACTE C1NQUIÈM
CHAMILLAC.
Vous n'aveï qti'à parler, mon général.
LE GÉNÉBAL.
Cen'esl pas si facile que ça!... a-., se effort Allons, voyons ! Chamillac, il s'est pas^é entre ma lille et toi des incidents -pii sont, Dieu merci, ù son honni ur, comme an tien... mais qui uni en pourtant l'inconvénient grave d'attn vos deux noms L'attention 'lu public.., on les prononce trop souvent ensemble... llenesl résulté des propos, des conjectures... C'est déjà passablement désagréable!... Mais, il y a quelque chose de plus fâcheux.., je ne sais pas, el je il-- !•• demande pas ce qu'il peul y avoir de vrai dans h sentiments que quelques personnes te prêtent à l'égard de ma hlle...
Mon général!
LE GÉNÉRAL) vivement.
Je ne veux pas le savoir!... Je pourrais perdre mon calme, et je ne le veux pas... C'est ici que ma confidence devient étrangement délicate... et je serais même inexcusable de te l'adresser... si je n'avais contre toute indiscrétion de ta part une garantie sûre, une arme toute-puissante... que tu Connais. (Chamillae ne répond pas, le généra] continue."
.Ma lille est un espril enthousiaste... ingénu... romanesque... Il y a dans ta vie... il y a eu dans tes procédés envers -'lie et son frère des traits de nature à émouvoir une imagination comme la sienne, à toucher un cœur comme le sien el à le troubler peut-être... Cependant, tu sais aussi bien que moi, Chamillac, que la pensée d'une union entre vous n'est pas admissible, n'est-ce pas î
CHAMILLAC.
Je le sais.
444 CHAMILLAC
LE GÉNÉRAL
Je n'aurais que deux mots à lui dire, pour quelle en fût convaincue, comme nous le sommes, toi et moi.
CHAMILLAC
Je le sais.
LE GÉNÉRAL
Oui, mais ces deux mots, je ne puis me décider à les prononcer. Le métier de dénonciateur me répugne trop... D'ailleurs, je ne sais même pas si elle me croirait. Comme j'ai beaucoup regretté La rupture de son mariage avec son cousin... elle pourrait supposer... sinon que j'invente, du moins que- j'arrange les choses, que je les exagère... Bref, pour couper court à tout, je l'emmène, ma fille... J'ai obtenu un congé et nous allons faire tous les deux un voyage en Orient... Nous partons demain... mais je ne voudrais pas qu'elle emportât au fond du cœur l'ombre d'un regret, l'ombre d'une espérance pour elle-même, l'ombre d'un grief contre son père... notre vie à tous deux en serait troublée, empoisonnée... et ce ne serait pas juste... car, enfin, si quelqu'un doit souffrir, il me semble que ce n'est pas moi. Tu devines ce que j attends de toi, Chamillac? Oui... je te demande de vouloir bien dire toi-même à ma iill«j quelle impossibilité absolue se dresse entre vous deux. Je t'en serai très reconnaissant.
CHAMILLAC.
Moi, mon général!... à elle!... mais vous n'y pensez pas!