‹ Theatre complet. --Chapitre 39 sur 318 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

lait me prouver qu'elle s'en était beaucoup occupée... personnellement, et que j'étais un ingrat, par conséquent.

BERTHE

Et tu lui as promis que nous resterions?

S \ VIGNY

Non, pas encore... je me défends lanl que je poux.

BERTHE

Enfin, il faut espérer... (aie m lère.] Vous deyez encore avoir uni- conférence sur la terrasse, après la valse... j'ai cru entendre?

SAVl <> N Y, brusquement

Est-ce que tu es jalouse, toi*?

BERTHE

Oh I mon ami... jalouse de Blancbe!... comment veux-tu?...

s A VI GN T.

Il ne manquerait plus que cela!... N'est-ce pas uniquement pour te plaire, pour t'obéir, que je suis entré dans cette série d'explications ridicules?

B ERT H E

Mais... sans doute... et je t'en remercie... je l'en sais tout le gré du monde.

s AVI G N Y.

C'est heureux. (Riant.) Tu me permets alors d'aller à mon rendez-vous, rar elle a la fureur des rendez-vous !

BERTHE

Oui... oui, va, je t'en prie!

SAVl G X Y .

Je crois que voilà la valse qui finit justement. (L'mrheetre ee»M fie jouer.) Et c'est une personne qui n'aime pas à attendre...

M -f dirige yen la porte de la terrai»». iv. 3.

ic LE SPHINX

BERTHE

Oh !... OUÏ. va. va !... (Se croyant seule el essayant du bout de son gin'.. deux larme? qui lui échappent.; Olli, je SUIS folle, Vraiment !

SAVIGNY, qui >'e?t arrêté avec hésitation après avoir entrouvert la porte, revenant doucement près d'elle, et surprenant son émotion : avec bonté.

Tu pleures*?

BERTHE, après un faible cri de surpri-e.

>'on... non... pardon! je te demande pardon!... je ne sais ce que j'ai ce soir... je suis fatiguée... nerveuse... voilà tout!

vWIGXY. tendrement.

Tu es jalouse, «lis vrai !

BERTHE, arec une irràce émue.

Kh bien. oui... j'aime mieux être franche... c'est vrai... Jamais pareille idée ne m'était venue... mais, ce soir, je ne sais pourquoi, votre attitude à tous deux, vos mystères... ces lettres... enfin, tout cela m'a paru bizarre tout à coup... Mais je suis honteuse qu'une telle pense'e ait pu m'entrer dans l'esprit... je me sens si déraisonnable... si coupable envers toi et envers elle... Aussi, je te jure que c'est bien fini... Va. mon ami. va... je t'en prie! ...

S A VIGNY

Non... je n'irai pas... car je ne veux pas, entends-tu? que tu sois jalouse, même à tort, même sur de vaines

apparences.., Il s'assoit près de sa femme; au même moment, Blanche parait sar la terrasse extérieure, derrière la fenêtre. Elle voit Savigny presque aux pieds •\* sa femme: l'in-tant d'après, elle arrive au fond d'un pas rapide, s'arrête soudain, puis. apr<is quelques secondes de sombre contemplation, elle se masque derrière la grande tapisserie de la porte. Savigny poursuit avec émotion.) Je Comprends si bien, ma che'rie, ce qui doit se passer dans le cœur et dans la tête d'une honnête créature comme toi, quand la jalousie et la défiance viennent la torturer... Je comprends si bien tout ce qu'un tel sentiment doit avoir

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