ACTE DEUXIEME il
pour vous de douloureux, de profondément troublant.
Vous vous demandez alors, n'est-ce pas?... vous qui avanl tout voulez être aimées... vous vous demandez avec amertume si les autres n*' le sont pas plus que vous... si leur coquetterie el Leurs vices mêmes n'ont pas plus d'attrait. et de puissance que vos douces vertus... si, pour être aime'es enfin, vous avez pris le vrai chemin... si vous ne vous êtes pas trompées?... Eh hien, non... tu ne t'es pas trompée, va !
BERTHE, très émue.
Non, n'est-ce pas?
SA VIGNY
Non... c'est bien toi... c'est bien vous qu'on aime véritablement, c'est vous que les autres doivent envier... car c'est à vous seules que nous donnons tout ce qui mérite le nom d'amour, tout ce que nous avons dans le cœur de vraie tendresse, de passion sincère, de sentiments profonds... e'ternels... Voilà ce que je veux que tu saches bien, ma chérie... ce dont je veux que tu ne doutes jamais, entends-tu?
BERTHE, pleurant de tendresse.
Non... jamais!...
S A VI G N Y
Jamais, n'est-ce pas?... (n l'embrasse.) Et c'est pour cela, vois-tu bien, que mon projet était sage, et qu'il faut nous y tenir... Mon Dieu! comprends-moi bien... je ne me délie ni de ta cousine, ni de moi-même... Mais enfin, ce qui arrive ne manquerait pas de se renouveler... Tout honnêtp qu'elle est, je veux le croire, elle est agitée et agitante... tu t'inquiéterais... je m'irriterais peut-être... Entin, croismoi... prends tout ton courage et annonce-lui décidément notre départ.
BERTHE
Ce que tu voudras.
4s LE SPHINX
SAYIG.N'Y, se levant.
Tiens-tu beaucoup au cotillon?
BERTHE
Pas du tout.
SA VIGNY
Eh bien, va la trouver... dis-lui que je suis inflexible... rejette tout sur moi... — Je vais commander notre voiture... ou plutôt si tu veux... je vais la renvoyer... (Avec une grâce affectueuse.) La nuit est superbe, et nous retournerons
à pied par les bois... Ce sera charmant.
BERTHE
Oui... merci!
SA VIGNY, lui serrant la main.
Allons, courage !
Il sort par la gaurlie.