‹ Theatre complet. --Chapitre 57 sur 318 · SCENE IY BLANCHE, SAVIGNY · texte numérisé non relu

SCENE IY BLANCHE, SAVIGNY

Savigny se tient dans le .-entier à droit.', hors de la rne de Blanehe. La Jeum; femme entre par le fond à gauche, d'une démarche hàtivo. — Elle s'arrête tout ù eoup prè» de la pièee d'eau, pomme si une pensée de snieide lui traversait l'esprit. — Puis elle descend la scène, semble s'orienter, cl se dirige ver- !>• sentier à droite. Elle se trouve en face de Saviarny. qui M dégage hrasanemenl du taillis. — Eli'' pousse un faible eri et recale,

SA Y] G X Y, impérieux.

< >ù allez-vous ?...

HLAXCIIE, api.'- quelque- secondes d'aitgéte?e.

\<' vais un' pefdfe... el mériter vos mépris!

En serez-vous plus heureuse quand vous les mériterez ?

BLANCHE

Je ne sais... je ne connais pas les souffrances qui m'attendent... mais je connais celles que je fuis... elles dépassent mes forces... je n'en veux plus!

Mais, malheureuse enfant!... si vous n'avez pas pitié df vous-même, n'avez-vous donc pitié de personne au

monde?... ni de ce vieillard si loyal... si dévoue'... si bon pour vous... ni de celle qui m'envoie vers vous, de celle que vous appeliez votre sœur... et dont vous déchirez le cœur, dont vous désolez à jamais la vie?

BLANCHE, amèrement.

Ah! c'est Berthe qui vous envoie?

SAVIGNT.

Comment aurais-je osé, en mon nom seul, usurper ce rôle dans votre confiance?... Et pourtant... si vous me permettez de parler pour moi-même... je vous le dis humblement... ayez aussi quelque compassion de moi !

BLANCHE, ironique.

De vous?

SAVIGNY

Oui, de moi... car enlin, si étrange, si invraisemblable que cela me paraisse, vous me laissez croire que ma conduite, que mon langage envers vous ont eu quelque part à votre résolution désespérée... Eh bien, ce serait pour moi une pensée affreuse... et je vous supplie de me l'épargner. Mes jugements vous ont paru sévères, offensants... je les rétracte... je les désavoue... ils étaient injustes... je le reconnais... Un sentiment vrai, profond, terrible qui entraîne une femme aux abîmes... est une faute sans doute... mais non pas de celles qu'il m'appartient de juger, grand Dieu!... encore moins de condamner... Pour de tels égarements, pour de telles douleurs... ne vous Tai-je pas dit déjà?... ma pitié, ma sympathie, mon respect... sont toujours prêts... je les mets à vos pieds!

BLANCHE, dédaigneuse et résolue.

Je vous remercie... Mais votre sympathie et vos respects viennent un peu tard pour se placer entre l'abîme et moi... J'aime, je suis aimée, on m'attend, j'ai donné ma parole... Adieu !...

Elle veut continuer son chemin.

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