ACTE QUATRIÈME
BKBTilK.
Ali! quoi qui 1 arrive... tu ne souffriras jamais ce que tu m'as fait souffrir!... Ne compte pas sur ma pitié!
BLANCHE
Ta pitié!... je n'en veux pas!... Mais songes-tu qu'en me perdant... tu ne me perdras pas seule... qu'en livranl ma vie.., tu en livreras nue autre qui t'est chère!
BEB i 'HE, avec une exaltation croissante.
Ah! tu nio rends folle, et lu veUx que je raisonne !... D'ailleurs, il y a là des lettres qui ne compromettent que toi... je donnerai celles-là!
BLANCHE
Remises par toi, elles ne laisseront guère rie doute sur mon complice!
BERTHE
Elles sont telles... qu'elles le justifieraient presque!... Jamais homme ne fut provoque' avec tant d'indignité!
BLANCHE, se levant soudain avec un cri de colère.
Ah !... fais ce que lu voudras... je ne partirai pas !,
BERTHE, .lune voix sourde.
Tu as pourtant compris que l'impossible est là!... que je veux en finir! que j'y suis résolue! que je pre'fère tout... tout, entends-tu? à la vie honteuse qui me serait faite demain!
15 LAN Cil E, -e rasseyant.
Je ne partirai pas.
Berthe va résolument vers. Je tiroir ouveit et y prend les lettres. Pendant ce temps, Blanche saisit un veire, l'emplit d'eau à moitié, et le pose près d'elle sur le bord de la table. Elle regarde sa bague qu'elle tourmente fiévreusement depuis un instant.
BERTHE, montrant la fenêtre.
Ton beau-père est là... tu l'entends... je te jure que je vais l'appeler!
BLANCHE, pâle et immobile.
Appell<
BERTHE
Ah! tu 1'aiiraS VOlllll! Elle court à la fenêtre et l'ouvre. Blanche, qui a ouvert le chaton de sa bague, en secoue le contenu dans le verre d'eau. Bertbe, près d'appeler, hésite, repousse la fenêtre, puis recule soudain.) Noil,
c'est une infamie! je ne peux pas! je ne peux pas!...
Tiens ! VOilà tes lettres !... (Elle les jette aux pieds de Blanche.) Sois
heureuse ! moi. je vivrai misérablement... mais, du moins,
je mourrai tranquille!... (Épuisée et défaillante, elle s'appuie sur le canapé, et comprime sa poitrine de ses mains.) Oh ! que j'ai mal..*
j'étouffe !... Donne-moi à boire, je t'en prie...
Blanche jette un regard terrible sur le veire d'eau, puis sur Beithe. et semble hésiter. Puis, subitement, rejetant a vit an ge>te d'hoireui la pensée qui l'a tentée, elle .-'élance vers Bertbe.
BLANCHE
Laisse-moi t'embrasser... je t'en prie, je t'en supplie...
(Elle serre convulsivement sur son cœur Bertbe interdite, puis revient rapidement, prend le verre d'eau et le boit.) Ne CfaillS plus rien, lu es
délivrée de moi.
B E R T H E , égarée et incertaine.
Quoi?... que dis-tU?... qu"aS-lU doilC?... (Elle s'approche de Blanche.) Comme tll OS paie ! (Blanche lui montre sa bague ouverte. Bertbe
pousse un en.] Malheureuse ! Ah! Dieu! Dieu du ciel! (se
détournant et appelant.) Henri ! Heilli !
Pois elle revient à la bite auprès de Blanche qu'elle soutient.
BLANCHE, défaillante.
Ah! n'appelle pas!... C'est inutile, je le sens!... vite... ton pardon!
BERTHE, épei dûment.
Oh! oui... oui... je te pardonne... je te pardonne... ma pauvre enfant!