‹ Theatre complet. --Chapitre 76 sur 318 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE COMTE DE NOZAN, seul un moment, puis LISETTE.

LE COMTE, seul: il se promène un instant ^ans parler en faisant des gestes de désespoir.

Aucun moyen!... aucune issue!... c'est une horrible impasse!... Non, jamais l'enfer et toutes ses furies ne déchaînèrent contre un misérable mortel une complication plus épouvantable!... Ah! il y a des moments où je me sens à deux doigts de la folie... où je suis possédé contre moi-même et contre l'univers entier d'une haine infernale... Tout me gêne, tout m'irrite... je voudrais éteindre ce radieux soleil dont l'éclat insulte à ma misère... briser ces fleurs... arracher ces arbres!...

Il secoue violemment an arbuste <j u i se trouve sous -a main.

LISETTE, entrant à gauche.

Ah! mon Dieu! Monseigneur, qu'est-ce qui vous prend?

LE COMTE, affectant tout à coup la gaieté.

Ali! c'est toi, Lisette! Eh! mon enfant, le grand jour approché, le jour qui doit couronner les vœux de mon existence entière... Encore une semaine, etje serai l'époux de ta beHe maîtresse... Cette perspective, Lisette, m'inspire, comme tu viens de le voir, des folies, des enfanlillages sans nom... Je m'amusais là autour de cet arbre, comme un écolier... Ah çà! mon enfant, que fait donc ta maîtresse ce matin? Toutes les fleurs- sont écloses depuis longtemps dans le parc... Elle est en retard.

LISETTE

Madame la comtesse, Monseigneur, essaie ses toilettes de noce.

LE COMTE, à part, avec consternation.

De noce, grand Dieu! (Haut.) C'est bien... va, va, Lisette.

LISETTE, s'éloignant vers le tond, à put.

Ah! décidément, de'cide'ment cet homme-là n'est pas dans son aplomb!

Elle reste au fond, obseivant le eonite à travers le feuillage. LE COMTE, se croyant seul.

Oui, il est certain que j'aurais du plaisir à détruire quelque chose : je comprends à cette heure la rage malfaisante des damnes... (il secoue <le nouveau 1 arhuste avec violence: puis, apercevant tout à coup Lisette, il essaie rie rire.) Ail ! tu étais CUCOre

là, Lisette? Eh bien! tu vois, je continuais de me livrer à ces enfantillages innocents, à ces joyeux transports... que tu dois comprendre, Lisette, si jamais lu as aimé.

LISETTE

>*on, jamais je n'ai aimé, Monseigneur; mais je me suis fait une fois arracher une dent, et je me rappelle qu'en cette circonstance , j'avais exactement la mine et les joyeux

PKEMIKI! ! A lt I.K.M M

transports que rapproche dé l'hymen donne à Monseigneur.

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