ACTE I, SCÈNE V
PAULINE
Vous étiez bien délicat quand vous étiez petit, bien souffreteux...
MICHEL
C'était là un de ces héritages qui restent.
IRÈNE
Il était très méchant.
MICHEL
Vraiment?
PAULINE
Pas du tout. J'ai vaguement le souvenir qu'il est très gentil.
IRÈNE
Vous ne saviez quelles choses inventer, oii toujours je finissais par pleurer. Et là-dessus vous preniez un air très sec, tout fâché, et vous vous en alliez.
MICHEL, mélancoliquement.
Ce doit être ainsi la façon de pleurer des garçons.
[Sur ces entrefaites, Valnnton s'est levé et a fuit signe à sa femme, qui s'est aussi disposée à sortir.)
VALANTON, à Irène.
Vous nous excusez, chère amie. Mais je me
suis levé ce matin, à cinq heures, pour aller à la chasse, et il faut que je recommence demain matin. Je suis éreinté : c'est tuant.
Pourquoi ne vous accordez-vous pas un jour
de congé ?
VAL ANTON
Si c'était un travail, oui. Mais, puisque c'est un amusement... {Allant à Michel.) Au revoir, monsieur Davernier.
MICHEL, qui s'est levé aussi.
Je m'en vais. Pardonnez-moi si je vous ai peut-être retenu, en m 'attardant un peu. (a Pauline et à Irène.) Mais c'étaient en quelque sorte des adieux que je vous faisais, et que je prolongeais.
IRÈNE, émue.
Des adieux?
PAULINE, avec une simple curiosité.
Vous allez repartir?
MICHEL
Je suis chargé d'une mission de recherches en Asie Mineure.
IRÈNE
Et comme cela, tout de suite?