SCENE PREMIERE
IRÈNE, FERGAN. Au lever du rideau, Ferr/an est en train de hoire une tasse de café sur la table de droite. Irène, assise dans un fauteuil, à l'autre extrémité de la pièce, lit obstinément un livre. Fergan, après des siçfnes manifestes d'impatience, vient fermer le livre entre les mains de sa femme, et le lui enlève dans un mouvement de résolution nette.
FERGAX.
Quoique vous m'ayez fait passer le goût de vous entretenir de nos affaires, je ne puis plus différer de vous mettre au courant des dispositions qui se sont imposées à moi. {Irène s'est
croisé les bras, et l'écoute sans le regarder.) Voici déjà
longtemps, plusieurs mois, que vous avez fait
IU2 TES TRN AILIER
naître entre nous la question de votre santé. L'état de vos nerfs, vos migraines, vos vapeurs ont pu m'alarmer d'abord. Aujourd'hui, mon opinion est faite sur ces maux imaginaires, dont je déplore que vous ayez encore l'air dupe. Je me suis résolu à employer les grands moyens... pour vous guérir. Si la vie de Paris doit continuer à ne pas vous réussir, je vais profiter de ce que le bail de cet hôtel arrive à une époque de renouvellement pour en donner congé. Auriez-vous quelque objection à faire?
IRKNK.
Non.
FERGAN, arec un ion sournois et runcunier.
Il me resterait donc à vous consulter sur le choix entre deux domaines que j'ai en vue. Ils ont d'égales raisons pour vous fournir un climat salutaire, l'un et l'autre en pleine campagne, loin de toute ville, avec un bon air de grands bois alentour... Je m'inclinerais volontiers devant une préférence de votre part, puisque vous êtes destinée à habiter l'un de ces deux endroits d'une façon plus constante que moi. Car je serai encore appelé parfois au dehors par l'administration de nos biens, ou par tous ces imprévus dont aucun n'existera pour vous, dans votre vie bien uniformément réglée... Quand serez- vous disposée; à examiner les détails de cette question?