ACTE II, >( FNF f ■\\y
IRENE, se levant.
Jamais. Je n'avais rien à opposer, tout à l'heure, à ce qui constituait dans vos projets une liquidation de nos affaires. Je me refuse à intervenir dans quoi que ce soit que vous me présenteriez en vue de l'avenir. Nous ne saurions avoir aucun projet à préparer ensemble. Je n'envisapje plus la possibilité de Texistence commune entre nous : vous me haïssez comme je vous hais.
FERGAN
C'est vous qui m'obligez à vous haïr. Vous m'imposez une situation de mari outrageante, ridicule, unique!... Changez, je changerai.
IRÈNE
Cela ne dépend pas de moi! J'éprouve quelque chose de plus fort que moi !
FERGAN
Vous n'avez pas toujours été ainsi?
Ah! parbleu ! je n'ai demandé, d'abord, comme toute jeune fille qui se marie, qu'à aimer celui dont je devenais la femme. J'ai essayé, j'ai lutté. J'ai tourmenté mon cœur, comme on se macère envers ce que l'on vous enseigne être la foi. Je n'ai pas pu triompher de moi. Je ne le peux pas ! Je ne le peux pas! Et je vous jure, de toute mou
âme, que je ne le pourrai jamais. C'est par expérience que je ne vous aime point, par habitude, par progrès.
FERGAN, hors de lui.
Il n'y a pas une de vos paroles qui ne soit une violation de votre devoir et un défi à tous mes droits.
IRÈNE
Je ne prononce pas un mot qui ne soit la plainte et le cri vrai de tout mon être !
FERGAN
Je ne comprends pas oii vous en voulez venir.
IRÈNE
Moi, je ne m'explique pas oii vous en voulez rester !
FERGAN
Qu'espérez-vous ?
IRÈNE
Et vous?
Que VOUS êtes folle! Au moins, ça se soigne.
IRÈNE
J'espère, moi, que vous serez sage.