ACTE III, SCÈNE I
la moindre attention pour tous les petits arrangements de notre inte'rieur.
VALANTON.
Oh I dame, convenez aussi que lorsqu'elle est venue résider dans cette campagne, ça n'a pas été tout à fait de son plein gré.
FERGAN
Oui, mais depuis dix ans!
VALANTON. ^'asseyant pour arranger une ligne.
Oh ! les femmes, ça peut bouder très longtemps ! On leur a même fait des pièces pour cette destination spéciale. Elles ont eu des boudoirs un siècle avant que les hommes eussent leurs fumoirs.
Ne croyez pas qu'Irène apporte, à présent, dans notre vie, aucun mauvais vouloir. Ce que je vous fais remarquer à son sujet, je ne l'attribue qu'à une petite négligence de son caractère. Mais, Dieu merci, je ne me plains plus d'elle. Nous en avons bien fini de cet affreux temps, où j'ai certes dû lui faire sentir une main de fer...
VALANTON.
Dans un uant de fer.
FERGAN
Sans doute. Mais j'aurai ainsi rempli la mission que j'avais...
VAL ANTON
Vis-à-vis de vous, d'abord.
FERGAN, avec satisfaction.
Surtout vis-à-vis d'elle. Je lui ai assuré son existence d'honnête femme. Elle-même, avec toutes ses exubérances d'idées, pouvait-elle savoir de quoi elle aurait peut-être été capable si je lui avais rendu la direction de ses actes? Tenez, je me félicite chaque jour d'avoir jadis tenu bon. Dans cette retraite, l'état physique de ma femme s'est bien vite amélioré. Elle est devenue mère. Ses sentiments se sont modifiés. Elle a enfin compris la vie telle qu'on doit la comprendre : comme quelque chose de pas bien malin, dans quoi nous n'avions, l'un près de l'autre, qu'à nous laisser désormais tout bonnement vivre.
VALANTON.
Oh ! évidemment, dans le mariage, il n'y a guère de tirage que pendant les quinze ou vingt premières années. Après, le plus fort est fait, tout s'arrange.
FERGAN
Cela n'empêche pas qu'il puisse encore y avoir, par-ci par-là, des questions qui n'aillent