PAL'LIXE
Est-ce que ton mari t'a déjà parlé do cela?
IRKNE.
Oui, plusieurs fois, ses explications et ses insistances à cet égard m'ont mise au supplice. Jusqu'à CCS derniers jours-ci, j'ai frémi en secret de la crainte qu'il n'essayât de donner suite à l'intention que je lui sais. Mais, pour cette année, tu vois qu'il vient de laisser passer la date de la rentrée des collèges, sans avoir tenté rien à nouveau... Lui si tranchant en toute chose, on dirait que, là-dessus, il sent en moi une créature gardant son petit. Et en cela il voit juste : je le lui disputerais désespérément, si j'y étais réduilfî... férocement !
PAULINE
Pauvre sœur ! Ce n'est plus que dans cet enfant que je te vois vivre. Et tu étais donc destinée à ne pas avoir de vie pour toi-même! Parfois, je songe à ce qui aurait pu, peut-être, t'advenir d'autre : et je reconnais bien que tu n'étais pas marquée pour le bonheur.
IRÈNE, pensivement.
Qui sait?
PAULINE
Mais non, hélas! mais non!... Ah! certes, ton existence aura été sombre, rigoureuse. Mais, dans sa dureté même, n'auras-tu pas trouvé de quoi t'endur cir un peu le cœur ? Tandis qu^l y aurait eu un changement de sort où ta sensibilité se serait avivée encore. Et c'est au plus cher de toi-même qu'alors tu aurais été autrement déchirée?...
IRÈNE
Que veux-tu dire?
PAULINE
Je pense à quelle épreuve tu aurais été condamnée par la suite, si tu avais autrefois réalisé des rêves que, sans les connaître, j'ai peut-être eu raison de deviner en toi.
IRÈNE
Je ne te comprends pas.
PAULINE
Mon Dieu, je ne devrais sans doute point te rappeler cela... Mais, bien souvent, j'y ai beaucoup songé.
IRÈNE
A la fm, explique-toi.