ACTE III, sr.Fxr VI 2'i-l
écé beau, votre triomphe, pour que vous vous y complaisiez encore!... Oui, j'ai courbé la tête, avec plus de haine encore dans le cœur. J'ai baissé le front ; et depuis lors, je ne vous ai plus regardé en face. Mais, aujourd'hui, ce n'est pas votre femme qui se redresse devant vous et que vous obligez à vous braver : c'est la mère, une mère que rien ne fera reculer...
FERGAN
Vous vous trompez sur les droits de la mère.
UiÈNE, arec un mépris farouche.
Ce ne sont pas les mères qui s'abusent sur leurs droits !... Nous les sentons, nous autres, se former en nous avec l'enfant même. Et nos yeux voient ces droits naître de nous, attachés à nos propres entrailles...
FERGAX.
Une fois de plus j'ai raison, à l'encontre de vos utopies, de par la loi...
IRÈNE
Ah ! cet atTreux mot reparaît donc ! Vous aussi, je vous retrouve vous jouant de la vie de mon fils, pareil à ce que vous avez été pour briser la mienne: sans remords, avec ces yeux-là de bourreau tranquille dans l'accomplissement de sa besogne !
FERGAN
Dites tout ce qu'il vous plaira. Rien ne m'empêchera de disposer de notre fils.
IRÈNE, dans une hésitation tragique.
Ne saurai-je donc pas vous dire ce qui vous empêcherait de me le disputer!...
FERGAN
11 m'appartient avant vous.
IRÈNE, haletante.
Ce n'est pas vrai !
FERGAN
Contre vous.
IRÈNE
Non ! non !
FERGAN
Allez veiller à son départ
IRÈNE
Ecoutez !
FERGAN, s'en allant.
Non!... je vais donner l'ordre d'atteler.
IRÈNE, lai barrant le chemin.
Devant Dieu, cet enfant est à moi seule, ici!