ACTE III, SCÈNE VI
FERGAN, la rejetant en arrière de lui.
Il est à moi, qui suis le père!
IRÈNE
Vous n'êtes pas son père !
FERGAN. brusquement retourné vers elle.
Ah ça I vous devenez folle ?
IRÈNE, presque rassérénée.
Je redeviens franche.
FERGAN, nerveusement.
Vous dites?... Vous savez ce que vous dites?
IRÈNE
Je le sais.
FERGAN
Vous voulez m'égarer?... Cette phrase incroyable!... cet outrage!... C'est un moyen en dernier recours?... (S'exaspérRut.) Parlez vite! Mais parlez donc!
IRÈNE
Vous demandez des preuves? soit!... Rappelezvous! Je vous avais fermé ma chambre; j'avais tout tenté pour vous chasser de ma vie... Et vous m'aviez emmenée en servitude , inoubliablement!...
FERGAN
Après ?
IRÈNE
Par quel sentiment ai-je pu faiblir un jour devant vos obsessions et redevenir votre femme ?
FERGAN, commençant à comprendre.
Oh!
IRÈNE
Je portais mon secret. Pour sauvegarder l'enfant, je vous ai caché la vérité, comme pour le sauver en ce moment je vous la dis !...
FERGAN, se précipitant contre elle.
Gredine! Gredine !
IRÈNE, qui s'est réfugiée vers une sonnette.
J'appelle vos domestiques.
FERGAN, se maîtrisant.
Le scandale!... En effet, je sais à présent qu'aucune infamie ne vous répugne.
IRÈNE
C'est votre logique impitoyable qui m'a réduite au mensonge, à la faute!... Et c'est moi qui ne pardonne pas!