ACTE I, sr.KNr: vi
bras dessous, nous ne ferions pas un groupe suffisant I
HENRIETTE
Cherchons du monde.
LAURE
L'important, c'est d'avoir déjà quelqu'un pour donner l'exemple aux autres. Ce ne serait demander qu'un bien petit effort de chevalerie.
KERBKL.
Nous ne trouverions personne.
LAURE
Votre club fournirait des te'moins par paires, et par doubles paires, autant qu'il en faudrait, s'il s'agissait de la moindre susceptibilité entre hommes, d'une querelle à la suite d'une partie de cartes et d'ivresse chez des filles... Mais lorsqu'il ne s'agit que des droits sacrés d'une femme î...
Prenez garde de trop vous passionner pour vos droits !
LAURE
Oui, je sais : il me manqne d'être une bonne fille... M""*" d'Orcieu en est une. Moi, c'est entendu, je suis un de ces mauvais caractères
280 LA LOI DE l'homme
qui n'admettent pas plus d'être trompés que de tromper... Voyons, Henriette, toi et moi, notre sexe nous rend solidaires. Tu me défendras, n'est-ce pas? Dis que tu m'accompagneras ?
HENRIETTE, à son 7nari.
J'aimerais mieux la voir résignée ; mais enfin, dans sa cause, c'est à elle qu'appartient la parole. (A Laure.) Ce que tu veux n'est que justice, je suis à ta disposition.
LAURE
Ah ! voici toujours un commencement de secours. C'est encore heureux que les femmes puissent servir de témoins à la barre.
KERBEL.
Ma chère Laure, il m'est impossible d'autoriser ma femme à vous suivre dans une aventure où je m'interdis de paraître moi-même.
HENRIETTE
Vous serez censé n'avoir rien su.
Je suis socialement responsable de vos actes. C'est bien le moins que vous ne m'exposiez pas à en répondre contre mes propres convenances, si Raguais me demandait des explications... ou bien même M. d'Orcieu.