‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 161 sur 209 · ACTE I, SCKNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE VI

LAURE, frappée d'une idée A ce nom.

M. d'Orcieu, dites-vous? Je n'y pensais pas. Mais cette preuve judiciaire que Ton m'interdit, à moi, femme, de saisir, il y a un homme qui peut aller la chercher pour moi, à mn place, à mon bénéfice.

HENRIETTE, avec efjroi.

Le mari de M"^^ d'Orcieu?

KERBEL, avec indignation.

Vous ne voudriez pas l'avertir?

LAURE

Pourquoi pas ? La délation vous fait horreur, la lettre anonyme... ou je ne sais encore quel genre de traîtrise, dont on dit que ce sont des moyens de femmes... Vous venez bien de constater que nous n'avons pas les moyens des hommes î

HENRIETTE

Prends garde !

KERBEL.

A quoi vous mènerait un expédient de ce genre ?

En prenant un flagrant délit contre sa femme, M. d'Orcieu m'en donne forcément un contre mon mari.

282 LA LOI DE l'homme

KERBEL.

Qui vous permet de penser qu'il adopterait précisément le parti faisant le mieux votre affaire?... N'oubliez pas qu'il a la main violente et malheureuse et que, dans sa vie de jeunesse, il y a une mort d'homme en duel. Mais je suppose qu'il s'en tienne aux moyens légaux : le mari a des droits pour ainsi dire assortis à chaque nuance des tempéraments. S'il est un rustre, il peut faire mettre sa femme et le complice en prison; s'il est sanguinaire, il peut, à son choix, tuer l'un ou tuer l'autre. S'il est massacreur, la loi lui dit qu'il est excusable de les tuer tous les deux...

HENRIETTE

Es-tu prête fi courir les chances de ce que fera M. d'Orcieu.

LAURE, effrsiyée.

Non.

KERBEL.

Par conséquent, défiez-vous de vos impulsions. Patientez. Qui sait si vous ne trouverez pas quelque jour un procédé pratique, une occasion propice.

Gomment voulez-vous que je trouve une occasion meilleure? Je sais que mon mari me trompe, je sais oii, je sais quand, je sais avec qui, je sais

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