‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 166 sur 209 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Oh! si, malgré tout, tu pouvais m aimer encore !... N'est-ce pas que tu ne trouverais point des paroles aussi douces, si je n'étais plus rien pour toi? Redis-moi que tu m'aimes, pour que je regarde comment tu me le dis.

RAGUAIS.

Je t aime I

LAURE, le contemplant.

Ta bouche ! . . . qui a été à une autre ! . . . Oh ! non , ne m'embrasse pas!

RAGUAIS.

Que iaut-il que j'attende?

LAURE

Rends-moi confiance. Avoue que tu as subi un vertige, un entraînement de vanité. Raconte-moi qu'auprès d'une jolie femme tu as voulu te prouver à toi-même, malgré ses airs de vertu, que tu étais de force à les séduire toutes!... Tu es un être de séduction, je ne le sens que trop, hélas !... Mais persuade-moi que tu ne l'as jamais aimée ! Soulage mon àme du mal affreux que tu lui as fait.

RAGUALS.

Je n'ai rien l'ail de mal!

290 LA LOI DE l'homme

Si! sois bon, sois loyal... Tu vois, je pleure. Mais ce n'est plus de peine, c'est d'espérance en toi.

RAGUAIS.

Pourquoi veux-tu que je m'accuse?

LAURE

Pour me prouver ta sincérité, pour que tout mon cœur te croie, quand tu m'assures que tu m'aimes toujours.

RAGUAIS.

Je ne t'ai jamais trompée.

LAURE, avec tristesse.

Tu le jurerais?

RAGUAIS.

Oui!

LAURE

Comme tu m'as juré fidélité en nous mariant?

RAGUAIS.

Parfaitement !

LAURE, de même.

C'est logique. Tu es pris dans rengrenagc de faux serments. Pour gagner encore du temps

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