ACTE I, SCÈNE VII
avec ma crétlulite, tu n'hésiterais point à jurer sur la tète de notre fille. Oh! je ne t'ai pas demandé ce sacrilège, je lis sur ta figure que tu le commettrais.
RAGUAIS.
Qu'est-ce qui te reprend?
LAURE, avec douleur.
Je t'ai vu entrer dans ton lieu de rendez-vous ! J'ai vu ton empressement... ton coup d'œil en arrière quand tu t'es engagé sous la porte basse de cette maison de complaisance, rue Salvator- Rosa...
RAGl'AlS. si'cheincnt.
Je n'allais pas à un rendez-vous.
LAURE
J'ai vu ta maîtresse arriver à ta suite et repartir toute paie du temps qu'elle avait passé dans tes hrasî... Tu cesses de protester?
RAGUAIS.
Je vous devais de nier. Je ne vous le dois plus.
LAURK.
C'est toi qui te lûches, à présent? Serais-tu froissé pour elle que j'ai(! découvert sa honte? Que t'importe, puisque tu ne la reverras plus.
292 LA LOI DE l'homme
Je t'emmène, je t'enlève : nous partirons tout de suite. Nous irons je ne sais où, pour un an, pour des années, pour toujours, s'il nous plaît ?
RAGUAIS, avec embarras.
Je ne peux pas m'en aller de la sorte.
LAURE, durement.
Avec ta femme et ta fille ? Ne laissant en arrière de toi personne ni rien à qui tu te doives ?
RAGUAIS.
Je refuse de me laisser traiter comme une chose, qu'il vous arrangerait d'emporter en voyage.
LAURE
Parbleu ! j'avais perdu la tète. C'est M'"*^ d'Orcieu que vous ne voulez pas quitter !
RAGUAIS.
Eh! bien, soit!... J'ai assez de vos interrogatoires, qui se compliquent maintenant d'espionnage. Vous me demandez une austérité qui est dans votre tempérament et que je n'ai pas en partage. Il vous faudrait que je fusse un autre que moi-même... Je suis ce que je suis: c'est-àdire un homme qui a horreur de se contraindre, et qui cependant n'avait cessé de le faire par horreur aussi de vous causer du chagrin. Jusqu'à ce que vous ayez, à toute force, violé mon