‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 171 sur 209 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

KERBEL, HENRIETTE, LAURE. Au lever du rideau, Kerbel lit son journal; Henriette est occupée à sa correspondance. Laure entre sur ces entrefaites.

LAURE

Je ne vous df^range pas?

HENRIETTE

Tu ne nous avais pas prévenus de ton arrivée.

LAURE, gaiement.

Je me suis décidée subitement.

Vous voilà à Deauville?

LAURE

Non. J'ai loué, depuis hier, à Villerville. Je m'y suis installée avec ma femme de chambre, dans un petit chalet bien modeste, bien gentil, où j'ai beaucoup plus chaud qu'à Paris; et cette opération faite, je me suis empressée de venir vous dire bonjour.

KERBEL.

Vous êtes plus aimable que votre mari. Groiriez-vous qu'il ne nous a pas encore donné signe de vie, depuis près d'un mois qu'il est à Gabourg!

LAURE

Vous êtes pourtant en bons termes avec lui?

KERBEL.

Excellents !

LAURE. mâliciemement.

Gomme avec moi?

KERBEL.

Ah ! le grand art de l'amitié, c'est de savoir ne prendre parti pour personne.

LAURE, plus malicieusement encore.

De cette façon-là, on peut compter sur tout le monde.

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