SCENE PREMIERE
KERBEL, HENRIETTE, LAURE. Au lever du rideau, Kerbel lit son journal; Henriette est occupée à sa correspondance. Laure entre sur ces entrefaites.
LAURE
Je ne vous df^range pas?
HENRIETTE
Tu ne nous avais pas prévenus de ton arrivée.
LAURE, gaiement.
Je me suis décidée subitement.
Vous voilà à Deauville?
LAURE
Non. J'ai loué, depuis hier, à Villerville. Je m'y suis installée avec ma femme de chambre, dans un petit chalet bien modeste, bien gentil, où j'ai beaucoup plus chaud qu'à Paris; et cette opération faite, je me suis empressée de venir vous dire bonjour.
KERBEL.
Vous êtes plus aimable que votre mari. Groiriez-vous qu'il ne nous a pas encore donné signe de vie, depuis près d'un mois qu'il est à Gabourg!
LAURE
Vous êtes pourtant en bons termes avec lui?
KERBEL.
Excellents !
LAURE. mâliciemement.
Gomme avec moi?
KERBEL.
Ah ! le grand art de l'amitié, c'est de savoir ne prendre parti pour personne.
LAURE, plus malicieusement encore.
De cette façon-là, on peut compter sur tout le monde.