ACTE ir, SCÈNE I
olre exercées que par des hommes. M*" Untel et son collègue, comme dit encore mon contrat. Ils se mettent à deux hommes contre une jeune fille!... Pour préparer équitahlement le contrat de vie entre l'homme et la femme, c'est un homme et une femme qu'il faudrait.
HENRIETTE
La sage-femme auprès de l'accoucheur.
Oui, une femme expérimentée, gravement habillée de noir, elle aussi, qui m'aurait dit : « Croyez-m'en, mademoiselle, méfiez-vous, je connais ça, j'ai marié bien des pauvres petites comme vous I Prenez toutes les précautions que le code vous permet. »
KERBEL.
Seriez- VOUS féministe ?
LAURE
Est-ce juste qu'une moitié de l'humanité traite l'autre en race conquise?...
HENRIETTE
Tu sais, dans la plupart des cas, malgré tous les droits des hommes, leurs femmes les mènent bien par le bout du nez.
304 LA LOI DE l'homme
LAURE
C'est le triste rôle des opprime's : duper le maître ou le corrompre.
{On entend un son de trompe.) HENRIETTE.
Qu'est-ce qui arrive là?... Un break à quatre chevaux ! Il s'arrête devant notre porte. {Elle va, voir
par la porte du jardin, et se retournant avec effarement.) C'est
ton mari qui vient nous surprendre avec toute une voiturée de gens de Cabourg.
LAURE, agitée.
^Monsieur de Raguais!... Et ma fille?
HENRIETTE
Je l'ai aperçue aussi.
LAURE
Mettez-moi en cellule, au secret, pour éviter le désagrément d'une rencontre entre moi et lui!... Et priez-le de m'envoyer, un instant, Isabelle.
HENRIETTE
Réfugie-toi dans le petit salon. Je vais audevant d'eux pour les retenir. {Bas à son mari.) Refermez bien la porte : M"™^ d'Orcieu est de la partie.
(Kerhel fait passer Laure dans la pièce voisine.)