‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 182 sur 209 · SCENE VI KERBEL, ORCIEU · texte numérisé non relu

SCENE VI KERBEL, ORCIEU

ORCIEU.

Dites-moi... Pendant que je vous tiens, laissezmoi vous poser une question : Après la séparation entre M. et M'"'' de Raguais, tandis que la femme se retirait du monde, je suis resté lié avec le mari. Il a cru devoir me donner des explications, dont je me suis contenté, par une discrétion élémentaire : Incompatibilité d'humeurs, cela est vague, commode, et suffisant visà-vis des relations ordinaires. Mais, actuellement, j'ai un besoin moral d'être mieux édifié sur le fond de cette afl'airc. Et, comme précisément vous êtes resté en rapport avec chacun des époux, j'ai pensé ne pouvoir mieux m'adresser qu'à vous pour un renseignement exact.

KERBEL, 1res gêné.

Que voulez-vous que je vous dise!

OKCIEU.

Vous avez pu, vous, entendre les deux cloches.

LA LOI DE L HOMME

Non, vraiment, je ne sais que vous répondre.

ORCIEU.

Remarquez que je ne vous interroge que dans la mesure où peut s'expliquer un galant homme, qui, par respect pour une femme, a encore la ressource de se taire. Je vous demande simplement si c'est M'^^ de Raguais qui a pris l'initiative de la séparation?... {Avec intention.) Ou si ce serait le mari qui n'aurait plus voulu se mêler de la vie de sa femme?

KERBEL.

Olî! quelle idée!... La réputation de Laure de Raguais est, de tout temps, inattaquable !...

ORCIEU, vivement.

Jamais je ne Tai entendu attaquer... Mais un faux scrupule m'était venu, sur ce point, qui m'importe hautement I

KERBEL.

Puis-je à mon tour vous demander pourquoi cette curiosité rétrospective?

ORCIEU.

Ma foi! je nai pas à vous faire un mystère

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