TABLEAU, SCÈNE I
DAMON
Certes ouil... Mais, s'il vous plaît, que fais-je là, moi? A quoi puis-je être bon?
C'est mon affaire. J'ai craint l'ennui d'un têtc-àtète : je vous sais aimable; et Tinspiration m'est venue de vous enlever à la solitude dans laquelle vous végétiez, ce soir. Au surplus, vous-même, n'éprouviez-vous pas quelque honte à être d'aussi bonne heure au spectacle? Je vous ai sauvé du ridicule... Voici bientôt neuf heures. Je gagerais que c'est à peine si la Comtesse entre maintenant dans sa petite loge.
DAMON, modestement.
J'ignore, d'ailleurs, si elle devait ou non s'y rendre.
LA BARONNE, avec une petite mine de moquerie.
Très bien. La discrétion est votre vertu favorite. Vous m'avez même confié que vous lui deviez bien des instants de bonheur.
DAMON
Mais prendre le jour d'un raccommodement pour me présenter à votre mari!... Vous me feriez croire que je suis sans conséquence, si, à mon âge, on pouvait l'être... Ajoutez à cela l'air d'embarras qu'on apporte à une première entrevue... En vérité, je ne vois rien de plaisant,
pour aucun des trois, à la démarche où vous nous avez engagés.
LA BARONNE
Ah ! point de morale, je vous en conjure : vous manqueriez l'objet de votre emploi. Il fautm'amiiser, me distraire, et non me prêcher.