‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 27 sur 209 · ACTE I, SfKXE VU · texte numérisé non relu

ACTE I, SfKXE VU

que j'aurai à vous remettre, dès demain, mon offrande.

MADAME DE MAUDRE, se levant, et emmenant Nohan graduellement à l'écart des autres, au premier plan de la scène.

Je vous dispense de toute charité à mon adresse. Mais laissez-moi vous faire remarquer que j'avais on vous, autrefois, un client plus empressé.

XOHAX. évasiremenl.

Autrefois, j'avais en effet la religion de ces ventes de bienfaisance, lorsqu'on y payait vingt francs un sachet de dix sous. Mais à présent qu'on y achète des balais, du cirage, des légumes conservés, un tas d'objets très utiles, à meilleur marché que dans les magasins, il me semble que j'irais exploiter les indigents.

MADAME DE MAUDRE.

Malgré ce louable scrupule, j'imagine que si je m'étais fait assister à mon comptoir par la belle Régine...

NOHAN

Pourquoi ce nom, encore?

MADAME DE MAUDRE, désignant les autres personnages qui, à distance, s'entretiennent entre eux.

Pauvre cher, on causait de vous, il n'y a qu'un instant. Et l'on vous trouvait bien étonnant d'être devenu si amoureux, oui, amoureux, d'une per-

6i T.FS PAROLl

sonne sur qui vous avez été le premier à proclamer les droits acquis d'un autre.

NOHAN

Vous ne ferez donc jamais le silence sur une indiscrétion, sans doute très coupable, mais que, du moins, j'avais commise vis-à-vis de vous seule... d'une voix bien basse, et bien près de votre oreille.

MADAME DE MAUDRE. sèchement.

Je vous défends de me rappeler ces souvenirslà.

Ils sont cependant mon unique excuse. {Elle se

redresse d'an air de défi.) Oh ! VOUS n'êtes que trop

sûre que je ne l'invoquerai jamais... C'est par votre acharnement à décrier une créature sans défense, c'est par vous que mon propos frivole, téméraire, et surtout incertain!... est devenu une sorte de légende publique.

MADAME DE MAUDRE.

Tant que cela ?

NOHAN

On m'a questionné là-dessus moi-même! On prétendait me faire donner des détails. Gela m'est revenu de dix côtés, comme c'est venu naguère à la connaissance du comte de Neuchamps, par vous, toujours par vous !

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