‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 48 sur 209 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

LIGUEIL.

Oui, du présent, et aussi de l'avenir. Où veux-tu en arriver?

NOHAN

Moi?... en arriver?

LIGUEIL.

Après notre douloureux entretien du mois dernier, j'avais lieu de croire que tu persévérerais dans la mesure de tact qui t'avait fait, depuis longtemps, t'exiler de notre maison. J'en souffrais autant que toi; mais je reconnaissais que cela devait être tant que M^'^ de Vesles séjournerait ici... Et ces raisons, je les avais fait approuver par M'"'' de Ligueil.

XOHAX.

Comment ! toi ! tu m'as dénoncé à ta femme !

LIGUEIL.

x\h ! mon cher, d'abord, ma femme, je lui dis tout.

NOHAN

Je comprends alors pourquoi elle a tant changé à mon égard î

LIGUEIL.

Convenait-il de lui dissimuler ce que personne, paraît-il, n'ignore autour de nous?

C'est vrai ! tout le monde est au courant des imbécillités criminelles que, un jour, en effet, j ai eu la folie de conter, (à pari) de chuchoter plutôt. {Haut.) Moi, il y a des moments où je me demande si réellement je les ai dites, si jai été cet homme dont je suis tellement loin aujourd'hui.

LIGUEIL, montrant une émotion.

Et le mal de... ce que tu as fait, au lieu de s'atténuer, va certainement s'aggraver lorsque se sera répandue la nouvelle que, depuis quelque temps, tu es si galant, si fréquent auprès de Régine. {Mine résolue de Nohan.) Oui, je sais, tu feras taire le premier imprudent. Et comment cela? Tu déclareras que tu ne permets aucun propos à ton sujet sur M^^^ de Vesles, et que tu la respectes profondément! Ce n'est pas cela qui diminuera le nombre des rieurs.

NOHAN

Si ceux dont tu me prédis les gorges chaudes pouvaient lire en mon âme, je leur ferais plutôt pitié ! Certes, je ne songe pas à professer ma foi dans la parfaite vertu de Régine de Vesles. Ce serait presque vouloir outrager à nouveau, sous une autre forme, celle dont on ne peut se rapprocher sans que l'on respire aussitôt le parfum d'honnêteté qui s'exhale d'elle. Mais je suis prêt à confesser à tous que j'aime cette charmante fille, comme ils s'en aperçoivent peut-être,

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