ACTE II, SCENE II
(avec feu) seulement, que je l'aime comme ils ne s'en doutent pas !
Ah î mon cher, mon pauvre ami ! tu me fais beaucoup de peine. Je voudrais t'adresser les encouragements que tu espérais peut-être; et cependant mon devoir est de te dire qu'il faut te raisonner, te contenir. 11 importe absolument que tu évites de te trop montrer chez moi, où ta rencontre avec des étrangers peut ranimer leurs souvenirs, stimuler leur malignité.
NOHAN, avec amertume.
Dans ma détresse, j'attendais autre chose de ta vieille affection pour moi. Et tu prends, pour m'écarter d'ici, un soin qui pourrait ne point me paraître désintéressé.
LIGUEIL.
Non, mon ami, non, je ne suis pas amoureux de Régine. Je suis amoureux de ma femme. Mais, néanmoins, si je sens bien auprès de cette petite que je ne suis que son ami, je sens aussi qu'elle est mon amie-femme. Et pour cette amitié-là on a, c'est vrai, un je ne sais quoi que l'on n'a pas pour l'ami-homme, quelque chose d'autre, je te le confesse, que ce que j'ai pour toi.
iNOHAX.
Merci.
B>BlfOTHFr>
iOO LES PAROLES RESTENT
LIGUEIL.
C'est chaste, un peu paternel, ou plutôt maternel, si l'expression pouvait s'appliquer à rien de ce qu'éprouve un commandant de cavalerie. C'est très protecteur, en tout cas. Et, au nom de ce sentiment, je t'adjure de t'arrêter. On te prêterait vite le projet de séduire Régine; et, comme tu as mal disposé la galerie, au premier faux-semblant, on dirait que c'est fait.
NOHAN
Les gens qui me prêteraient un projet pareil seraient plus odieux que, moi-même, je ne l'ai jamais été.
LIGUEIL.
Que diable! après l'opinion que l'on doit inévitablement t'attribuer sur M^'^ de Vesles, il ne peut venir à Tidée de personne que tu aies l'intention de te marier avec elle.
NOIIAN, se levant.
Eh bien, si! je l'ai, cette intention.
LIGUEIL.
Comment? Toi... après les... la... Tu veux...
NOHAN
Justement. L'erreur et la faute que j'ai commises envers M"® de Vesles, je demande à les abjurer aux pieds de la marquise de Nohan. Gela