SCENE PREMIERE
LIGLEIL, XOHAX. Au lever du rideau, Mohan est assis dans un fauteuil, devant le pavillon, pâle, gravement blessé. Auprès de lui, une table avec un verre d eau et des fioles.
LIGUEIL.
Tu ne sens pas de frissons?... Je sais bien qu'il fait chaud ici, et meilleur air que dans la cliambre du garde. Mais ce n'est peut-être pas très raisonnable, tout de même, d'avoir voulu être installé ici, dehors.
XOHAN.
J'ai soif... (Ju'cst-ce que l'on me permet de boire ?
LIGUEIL, avec empressement.
Ce que tu voudras...
NOHAN
Ah !.. . Déjà ?. . . Je me berçais de la pense'e qu'on ferait durer un peu plus le temps de me ménager.
LIGUEIL, confus.
Tu veux rire!... Il faut bien que tu commences par désigner ce que tu veux... Et puis, là-dessus, on examine si c'est bon pour ton état, si ça ne va pas retarder ta guérison...
NOHAN
Je voudrais de Teau sucrée.
LIGUEIL, affectant d'être perplexe.
Heu! Heu! Enlin, ça ne peut pas être bien imprudent.
NOHAN
Je ne demande cependant qu'à vivre huit jours encore, [résolument) rien que huit jours.
LIGUEIL, prf^'parant le verre d'eau sucrée. En dis-tu, des inepties ! [D'un ton malgré lui faux.)
Mais, dans huit jours, je t'emmène au Grand
Prix. [Indiquant une direction du décor.) Tu VOis bien,
dans cette tribune, là-bas... Nous n'aurons que
deux pas à franchir. (Sur un geste d'impatience de