ACTE III, SCÈNE I
Nohan.) Oh I ne te fâche pas! Mais, vraiment, je ne peux avoir la complaisance de dire comme toi, ni de chercher à te faire du bien en te répondant des choses désespérées...
NOHAN
Le procureur de la République a bien assuré, n'est-ce pas, que, vu l'urgence, il accorderait une dispense de la seconde publication?
LIGUEIL.
J'ai un rendez-vous avec lui, cet après-midi, pour en remporter sa signature.
NOHAN
Mais le délai de la publication légale unique exigerait encore une semaine I {Sicfne affirmatif de Ligueii.) Quc c'cst loug CCS formalités!... Il y a pourtant des moments où l'on ne peut guère attendre!... As-tu bien exprimé à M^*'^ de Vesles, dans ta lettre d'hier, que je m'étais battu par... fatalité, et non point par dépit stupide, ni par jalousie ridicule, ni surtout par sa faute?
LIGUEIL.
Oui, oui, sois tranquille.
NOHAN
Lui as-tu bien fait comprendre avec quelle émotion, avec quelle angoisse, j'implorais d'elle
la faveur d'un entretien? As-tu été très touchant?... Tu aurais dû garder un brouillon de ta lettre î Mais ne pourrais-tu te rappeler ce que tu lui as écrit ? Tâche de me répéter tout, exactement.
LIGUEIL, ëvasivement.
A quoi bon? {Nohan a une quinte de toux.) Tiens ! tu
vois! Ces questions... sur ce sujet énervant... Tu te surmènes inutilement.
NOHAN
Ne me contrarie pas. C'est cela qui me ferait le plus de mal.
LIGUEIL, se résignant.
Eh bien, ça commençait à peu près comme ça : (( Ma chère Régine, le marquis de Nohan s'est battu en duel, il y a quarante-huit heures... L'issue de la rencontre a été très... (se reprenant) n'a pas été très bonne pour mon ami. Il a reçu, à la base de la gorge, un coup d'épée qui est... {mesurant ses expressions) qui, saus être... qui n'est pas tout à fait aussi excellent... » Enfin, c'était mieux rédigé, tu saisis le sens?
NOHAN
Le tout, c'est que tu l'aies bien convaincue d'avoir à se dépêcher.
LIGUEIL, pesant les mots.
J'ajoutais que, malgré ton état, — qui d'ail-