SCÈNE vin
\m MiuM. THKROIGNE.
THÊROIGNE, o^iMiil lia fond, Ir* bnu l^iM» comme ant propkéU$t« . ri r^fomUnt Uê êtêUlamU-
N'alioz pas aux Tuileries!... On a le sentiintMit que ceux qui entrent s'y prennent dans un pit'j^»- 1
hEUXIÈME CITOYEN.
C'est vous qui parlez de prudence, citoyenne Tliéroigne?... vous qui avez reçu la couronne civique pour votre énergie, à la manifestation du 2U juin !
Je vouk dis quf* h' (Ihàteau. dans ce iiiunieut, n'est plus qu un gut^pier terrible!... Toutes les fenêtres de la première cour sont hérissées de dards et de pointes de fusils. Sur cliaqui' marche du ^rand escalier il y a des gardes ï>iiis>es, l'arme en joue... Devant cela, je me suis opposée en vain à une marche sans Iml. dans < es corps de hAtiments qui n'ont plus d'àn\e depuis que la royauté s'est retirée d'eux. Mais elle y a laissé des milliers de serviteurs; et ceux-là, n'ont-ils pas pour mission de préparer le retour, en balayant la place?
{Oh entend le eënon et une forte stlve de moutqneterie.) LA FOLLE. eff*r^.
Ah :
328 TIIÉHOIGNE DE >rÉRicounT
LA BRANCHU
Et le père de mes enfants, qui est là-bas !
(Elle veut s'élancer vers les Tuileries.) THÉROIGNE, rarvêlant.
Si le père est mort, gardez la mère en vie !
(On entend un feu de file.)
LA FOULE, avec une horreur redoublée.
Ah!
PREMIER CITOYEN
Courons à l'aide !
LA FOULE
Oui!
THÉROIGNE, contenant la foule.
Encore une fois, vous tous, arrière!... Ne vous ruez pas vers la boucherie où, hélas ! ils ne sont que trop à se débattre... Vous qui avez des armes, et nous autres avec nos bras, c'est l'Assemblée qu'il faut couvrir, si maintenant l'ennemi est en mesure de fondr^, sur elle ! (Désignant le Manège.) Là dedans, pêle-mêle, les représentants populaires et le pouvoir royal attendent l'inconnu du destin. Massez-vous devant le porche par où va ressortir vainqueur l'avenir ou le passé : l'avenir avec ses ailes, ou le passé mettant le pied sur nos poitrines !
ACTS IV, ftcèNK IX 3t9
Les Mftucs, ix iKsiRcé.
UN INSURtiÉ, arrivant du fond, en fuite.
Les Suisses ont fait un feu plongeant, du haut en bas de l't^tage. Aucun des nôtres qui avaient pt^nétré dans le vcNlibule n'a échappé.
LA FOULE
Oh!
LA HKANClir
Tu es de la section des Lombards? Tu connais bien le gros Branchu ?
LINSURGÉ.
Oui.
LA UHANCm
OÙ esl-il ?
LINSURGÉ.
Nous avons fui ensemble. Mais par le passage, tout du lono:. il y avait des baraques renijdies de soldats. Ils nous ont criblés par chaque lucarne!
LA HUA.NCHU.
Réponds! Mon homme ? Qu'est-il devenu?
LLNSURGK.
Je l'ai vu tomber.
LA BIU.NCHU
Oh!... (Siffaittànt. Malheur!
, Set deux enf»ntt te jettent à ton cou.J
LES ENTANTS.
Papa! mon papa!... Maman! maman!
THÉROIGNE, ù elle-même.
Commander le feu sur des êtres qui se sauvent ! Massacrer ainsi du gibier humain!