‹ Théâtre completChapitre 162 sur 193 · SCÈNE vin · texte numérisé non relu

SCÈNE vin

\m MiuM. THKROIGNE.

THÊROIGNE, o^iMiil lia fond, Ir* bnu l^iM» comme ant propkéU$t« . ri r^fomUnt Uê êtêUlamU-

N'alioz pas aux Tuileries!... On a le sentiintMit que ceux qui entrent s'y prennent dans un pit'j^»- 1

hEUXIÈME CITOYEN.

C'est vous qui parlez de prudence, citoyenne Tliéroigne?... vous qui avez reçu la couronne civique pour votre énergie, à la manifestation du 2U juin !

Je vouk dis quf* h' (Ihàteau. dans ce iiiunieut, n'est plus qu un gut^pier terrible!... Toutes les fenêtres de la première cour sont hérissées de dards et de pointes de fusils. Sur cliaqui' marche du ^rand escalier il y a des gardes ï>iiis>es, l'arme en joue... Devant cela, je me suis opposée en vain à une marche sans Iml. dans < es corps de hAtiments qui n'ont plus d'àn\e depuis que la royauté s'est retirée d'eux. Mais elle y a laissé des milliers de serviteurs; et ceux-là, n'ont-ils pas pour mission de préparer le retour, en balayant la place?

{Oh entend le eënon et une forte stlve de moutqneterie.) LA FOLLE. eff*r^.

Ah :

328 TIIÉHOIGNE DE >rÉRicounT

LA BRANCHU

Et le père de mes enfants, qui est là-bas !

(Elle veut s'élancer vers les Tuileries.) THÉROIGNE, rarvêlant.

Si le père est mort, gardez la mère en vie !

(On entend un feu de file.)

LA FOULE, avec une horreur redoublée.

Ah!

PREMIER CITOYEN

Courons à l'aide !

LA FOULE

Oui!

THÉROIGNE, contenant la foule.

Encore une fois, vous tous, arrière!... Ne vous ruez pas vers la boucherie où, hélas ! ils ne sont que trop à se débattre... Vous qui avez des armes, et nous autres avec nos bras, c'est l'Assemblée qu'il faut couvrir, si maintenant l'ennemi est en mesure de fondr^, sur elle ! (Désignant le Manège.) Là dedans, pêle-mêle, les représentants populaires et le pouvoir royal attendent l'inconnu du destin. Massez-vous devant le porche par où va ressortir vainqueur l'avenir ou le passé : l'avenir avec ses ailes, ou le passé mettant le pied sur nos poitrines !

ACTS IV, ftcèNK IX 3t9

Les Mftucs, ix iKsiRcé.

UN INSURtiÉ, arrivant du fond, en fuite.

Les Suisses ont fait un feu plongeant, du haut en bas de l't^tage. Aucun des nôtres qui avaient pt^nétré dans le vcNlibule n'a échappé.

LA FOULE

Oh!

LA HKANClir

Tu es de la section des Lombards? Tu connais bien le gros Branchu ?

LINSURGÉ.

Oui.

LA UHANCm

OÙ esl-il ?

LINSURGÉ.

Nous avons fui ensemble. Mais par le passage, tout du lono:. il y avait des baraques renijdies de soldats. Ils nous ont criblés par chaque lucarne!

LA HUA.NCHU.

Réponds! Mon homme ? Qu'est-il devenu?

LLNSURGK.

Je l'ai vu tomber.

LA BIU.NCHU

Oh!... (Siffaittànt. Malheur!

, Set deux enf»ntt te jettent à ton cou.J

LES ENTANTS.

Papa! mon papa!... Maman! maman!

THÉROIGNE, ù elle-même.

Commander le feu sur des êtres qui se sauvent ! Massacrer ainsi du gibier humain!

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