ACTB II, SCÈNE IV
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Dininn. SAHINK. Hirn-tnl parie fond.
DinïK.H
Ah ! c'est vous !
SAClNh
Vous ^tcs seul ?
DIDIKR.
Ma femme est actuellement avec mon père.
SABINE
J'aime mieux cela. Dans ses bras, j'achèverais tout de suite de perdre la raison ; et le peu que j'en ai m'est nécessaire pour aviser avec vous... La démarche de Maravon, tout à l'heure, ses brusques révélations à votre sujet m'ont tellement abasourdie que je n'ai pas eu la présence «l'esprit de lui adresser les questions les plus importantes.
Mon père m'avait rapporté qu'avec votre visite j'aurais celle de madame Fontenais?
SABINE
Maman n'est pas loin. A son âge et dans son état de santé, une surprise aussi pénible lui coupe les jambes. En descendant de la station, elle n'a pas voulu retarder mon impatience d'être cho/ vous. Elle m'a laissé prendre les devants...
138 I.A COUHSE DU FLAMBEAU
Je ne viens pas récriminer, je viens achever de savoir. J'admets, je crois que vous n'avez été ni imprudent ni maladroit et que c'est uniquement la chance qui vous a trahi. Passons à ce qui va pouvoir arriver, faites-moi bien comprendre le point oii vous en êtes...
DIDIER
J'en suis au moment où ma position peut être sauvée tout entière, ou tout entière perdue. J'offre qu'on fasse examiner mes comptes, mes livres, ma correspondance, par l'expert qu'on voudra ; et l'on se convaincra ainsi que je ne demande pas un cadeau, mais une commandite appelée à prospérer elle-même, tout en me rendant la prospérité. Ce n'est pas pour moi, soyezen convaincue, que je m'acharne à ne pas lâcher prise. Depuis que je me débats contre le sort, j'ai vu tant de vilenies et de duretés chez les manieurs d'argent, j'ai tant éprouvé d'angoisse et de découragement, que je renoncerais volontiers à mes ambitions, à la lutte, à tout, si j'étais seul. Mais il y a Marie-Jeanne, ses habitudes heureuses, ses joies d'enfant chérie, ses luxes innocents de belle petite madame... Et pour ne pas lui infliger des renoncements, des humiliations, des tristesses, à cause d'elle je ne me résigne pas à succomber !
Mon ami, chacun de nous pense à Marie- Jeanne avant de penser à soi. Nous l'aimons si
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iorl que souvent, l un l'autre, iiuus nuub eu ^ommes détcstéb...
MUII.K
.If proteste que je n'ai jamais eu pour you> de t-h «i«'ntiinent>.
HAblSE.
buii ; ce n est que moi que j'accuse duvoir nourri une liostilité de rivale, des rancunes jalouses quand il me semblait que, dans les aiïections df ma lille, vous usurpiez sur ma part. Mais aujourd'liui que, prè^ d'elle, il ne s'aj^it jdus d'un malaise à dorloter, ni d'accaparer des caresses, à cette heure où il s'ajrit de conjurer un péril, sentez en moi une alliée bien sincère, bien ardente !...
iiuni.i;.
Votre Concours m'est indispensable pour obtenir de madame Fontenais les trois cent mille francs qu'il me faut et qui mont été refusés partout. Si, à celte dernière porte où je frappe, je suis délinitivement repoussé, je vois, avant peu, crouler tout ce que j'ai mis quatre ans d'elTorts àédilier, je suis déclaré en faillite...
S.VUIM:.
Ob!
DIDIEH.
Je suis saisi par les huissiers. . .
Ah ! misère î... La faillite!... la saisie !... Ces
mêmes mots qui, aux mauvais jours d'autrefois, m'entraient dans les oreilles comme des vrilles brûlantes, j'e'tais donc condamnée au supplice de les réentendre aujourd'hui, chez ma fille!... Mais son apport à elle, Maravon nous a certifié qu'il n'était pas compromis?
DIDIER
Naturellement : la dot de ma femme, en valeurs dotales, est intacte, inerte, déposée à la Banque de France.
SABINE
Par conséquent, quoi qu'il arrive, la ruine de votre ménage ne saurait être tout à fait complète ?
DIDIER
Elle sera plus fâcheuse à mes yeux que si elle était complète. Gomment ! j'aurais réduit à l'indigence celui-ci et celui-là ; mais, moi, mon contrat de mariage me forcera pourtant d'être encore un petit rentier ! J'aurai ruiné du monde, et je ne serai pas ruiné ! On pourrait me jeter ce reproche à la figure ! Ah ! c'est vous méprendre sur mon compte, si vous supposez que je me résignerais vilainement à devenir insolvable, et pis encore ! à passer pour un malin chez les gens ayant eu confiance dans ma parole, dans l'honnêteté de ma signature. Pouah ! je me dégoûterais de me sentir encore là, toujours dans ma peau !