‹ Théâtre completChapitre 80 sur 193 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M AU A VON, M ADAM K FONTE.NAIS, entrâhl tant le voir.

MADAME rONTENAIS.

Eh bien, Jenny?... en linire/-vous? (Aperceiani M»rRvon.i VouR ici, à (lix heures liu malin? J'aimo à croire que ce n'est pas en vertu d un mot dordre, pour me l'aire, à votre tour, votre scène ?

MARAVOX.

Non! ma vieille amie. Ce n'est pas vous que je viens voir, c'est mon tils, qui n'a pour demeure que kl vôtre, de|)uis qu'il a été mis en faillite, avec votre assentiment.

M.^DAMIi FONTKNAIS.

Vous avez du reproche au bout des dent». làst-ce que je vous reproche, moi, les trncas dont votre gart^^on a griililié nui laniille? Lui ai-je adressé, à lui-même, le moindre mot de blàmo? un seul mot sévère?... Je lui ai dit: <* Vous et votre femme, venez chez moi, vous y serez chez vous. » Or, c'est bien vrai qu'ils sont ici chez eux; mais je n'y sui« plus chez moi... Hier au soir, j'ai dû fuir de cette pièce, devant l'assaut que me livraient à la fois ma tille, ma pctite-lille et mon petit-gendre 1... On ne cherche plus à m'ahurir avec la perspective de la faillite, puisqu'elle est arrivée, et que la terre ne s'est pas

entrouverte, et que, Dieu merci! nous sommes tous vivants. xMais on m'attaque avec un nouveau prétexte : l'obtention du concordat de votre fils, pour lequel on prétendrait me faire aligner, au plus juste prix, cent mille francs.

MARAVON.

Madame Fontenais, si la faillite de Didier n'a causé la mort de personne, je puis vous dire que c'est grâce à Marie-Jeanne, grâce à madame Revel, et grâce à moi. Il y a eu plusieurs jours pendant lesquels, si l'on avait quitté d'une minute mon malheureux fils, il n'aurait fait qu'un bond de son domicile là-bas, jusque dans la Seine. A trois que nous étions, nous avons eu la force de le faire se résigner à son vrai devoir, qui est de poursuivre désormais sa réhabilitation commerciale. Mais, pour entrer dans cette voie, il a besoin d'avoir quitté d'abord l'état de faillite, où il ne peut rien faire : ni réaliser un projet, ni acheter, ni vendre, ni toucher, ni payer. L'assemblée de ses créanciers, devant laquelle il est convoqué pour midi tout à l'heure, va définitivement prononcer sur son sort, suivant qu'il ajoutera, ou non, cent mille francs à l'actif qu'il abandonne. N'en veuillez donc pas à Didier de l'àpreté qu'il a pu mettre, dans cette péripétie suprême, à vous demander les moyens de redevenir un citoyen, un homme, quelqu'un enfin de libre et d'égal aux autres.

Que votre fils déclare à ces gens avec lesquels

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