MADAME FONTE.NAIS
(imisi-en la clairvoyance qui m es>t venue : M«»i, je n'ai que toi. Tu n'as, toi, en vue que ta lille ; et ta fille ne pense qu'à son mari... Ce qu'elle aime le plus si\rement en loi, c'est la
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cause commune que tu fais, contre moi, avec l'homme qu'elle aime. Prends garde au jour où tu ne serais plus d'accord avec son amour conjugal. Alors, tu serais définitivement fixée, à ton tour, sur ce que c'est de n'être que la mère !... Mais j'ai tort de remâcher mes amertumes. Causons de choses pratiques : aurons-nous assez de la grande malle pour nous deux?
SABINE
11 n'est pas question, maman, que vous veniez. Vous n'allez pas faire un déplacement inutile et fatigant. Vous n'allez pas, pour quelques semaines, bouleverser vos habitudes.
MADAME FOXTENAIS.
Rien ne bouleverserait davantage mes habitudes que de me séparer de toi.
SABINE
Ce serait folie que de vous imposer un si long trajet en chemin de fer. Votre caractère, votre âge, ne sont plus faits pour courir les Alpes ni camper dans le hasard des hôtels.
MADAME FONTENAIS.
Si je ne suis plus jeune, en effet, si j'ai parfois des avertissements que la fin n'est plus très éloignée, ce sont là des motifs pour que tu ne me confies pas, durant trois mois, à la garde d'une femme de chambre. Puisque déjà je n'ai plus si
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lonj^^eiups à te voir, je m'attaclii* à tes pas. Tu ne t'en iras point sans (jue je te suive.
SABINE
Vous mOljUge/, maman, à vous déclarer que je ne veu.\ i)as île vous.
MAltA.Mh luMh.N.\l^
Ah bail :
SABINE
Entendez-moi bien : j'ai la mission de consacrer au rétablissement de Marie-Jeanne toutes mes minutes, toutes mes pensées. J'ai besoin de lui appartenir tout entière, de n'être détournée d'elle par aucune considération. Et puis, si le climat ne réussissait pas à la petite, s'il y avait lieu de la ramener hâtivement, ou de nous déplacer d'une résidence à une autre, je ne saurais ni vous faire ainsi aller et venir, ni vous assurer les ménagements et aises qui vous sont dus.
MADAME FONTLNAIS.
Bref, tu me considères comme un colis gênant !
S.VBINE.
Vous vous formalisez; c'est injuste. Je suis guidée, avant tout, dans ce que je vous exprime, par l'idée de votre bien-être... de votre bien...
M.VD.UIE FONTENAIS.
Allons donc ! Tu me punis. Tu me bannis de
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ta présence. Tu as arrangé que toi, ta fille et ton gendre, vous ne soyez là-bas qu'entre vous, les trois têtes dans le même bonnet, loin de la vieille, qu'on maudit quand elle ne paie point, et dont on ne s'encombre pas quand elle paie!... Eh bien! les égards dont on me prive, c'est donc à moi de me les assurer. Et, puisque je tiens les cordons de la bourse, je décide qu'on ne me laissera pas seule. Ta fille a, pour l'accompagner, son mari qui ne saurait rien faire de mieux actuellement que de s'employer à la remettre et à la distraire. Nous leur adjoindrons, s'il te plaît, l'assistance d'une religieuse. Ce n'est pas inhumain de faire voyager de la sorte une jeune femme de vingt et un ans, qui s'est trop excité les nerfs. Mais si tu pars, je partirai. Si je demeure ici, tu ne t'en iras pas !
SABINE
Oh! n'exercez pas sur moi la pression de ma pauvreté !...