RE8TE
Mais, madame, songez...
UERMIONE.
Ah ! c'en est trop, seigneur.
Tant de raisonnements offensent ma colère. J'ai voulu vous donner les moyens de me plaire , Rendre Oreste content : mais enfin je vois bien Qu'il veut toujours se plaindre , et ne mériter rien. Partez : allez ailleurs vanter votre constance , Et me laissez ici le soin de ma vengeance. De mes lâches bontés mon courage est confus; Et c'est trop en un jour essuyer de refus. Je m'en vais seule au temple où leur hymen s'apprête, Où vous n'osez aller mériter ma conquête : Là , de mon ennemi je saurai m'approcher ; Je percerai le cœur que je n'ai pu toucher ; Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées, Aussitôt , malgré lui , joindront nos destinées : Et, tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux De mourir avec lui , que de vivre avec vous.
ORESTE
Non , je vous priverai de ce plaisir funeste , Madame , il ne mourra que de la main d'Oreste. Vos ennemis par moi vont vous êtrp immolés , Et vous reconnaîtrez mes soins, si vous voulez.
HERMIONE
Allez. De votre sort laissez-moi la conduite,
Et que tous vos vaisseaux soient prêts pour notre fuite-
150 A.\DRbMAQUE.